Il y a quelque chose de pourri dans l’empire du béton. Tandis que l’inflation fait plier les familles et que les files s’allongent devant les banques alimentaires, Royal LePage annonce une montée de 7 % des prix de propriété en 2026 au Québec. Une bonne nouvelle ? Pour qui ? Pour celles et ceux qui dorment dans leur auto ou qui négocient chaque mois entre payer le loyer ou se nourrir ? L’immobilier devient un casino pour les élites et une cage pour les autres. On expulse des vies entières pour faire de la place aux rendements.
Car derrière cette flambée spéculative se cache un mécanisme violent : la gentrification. Les quartiers populaires se transforment en vitrines pour investisseurs, les loyers explosent, les logements abordables disparaissent. Ce sont les jeunes, les personnes racisées, les familles précaires qui en paient le prix. Mélanie, 24 ans, étudiante à temps partiel et barista : « Mon logement moisit, mais je paie 1 400 $. L’agent immobilier m’a dit que c’est le prix de la “revitalisation”. Moi j’appelle ça du mépris. »
Et l’État ? Silence complice. Les gouvernements, Libéraux comme caquistes, ont laissé les rênes du logement au privé. Résultat : un désert de régulation, un laxisme mortifère, tout pour plaire aux développeurs et aux banques. Pas de contrôle réels sur les loyers. Peu de logements sociaux construits. Zéro volonté de confronter les intérêts des puissants. Pendant que les profits des firmes immobilières gonflent comme des ballons de fête, le peuple est écrasé sous les décombres de “l’offre et de la demande”.
Il faut dire les choses crûment : le logement n’est pas un produit, c’est un droit. Et il faut une politique de rupture. Des coopératives partout, autogérées, équitables. De la rénovation verte et populaire, pas de condos bling-bling. L’expropriation des propriétaires spéculateurs doit redevenir une option. Il est temps d’arracher le béton des mains des géants pour le confier aux communautés. Quitte à construire moins, mais loger mieux, ensemble, humainement.
Cette crise n’est pas une fatalité, c’est une attaque. Et comme toute attaque, elle appelle à une riposte. Partout, des mouvements s’élèvent : comités logement, blocages d’évictions, squats, alliances féministes, autochtones, anti-capitalistes. Leur message est clair : vos profits ne valent pas nos vies. Nous méritons des toits, pas des ruines dorées. Le mur est là. À nous de dessiner dessus des rêves de justice.





