Un tiers des éoliennes québécoises vient d’être avalé par des intérêts américains. Pendant que nos gouvernements nous vendent la transition énergétique comme une révolution verte, ils laissent nos infrastructures — ces mêmes outils censés nous libérer du pétrole — devenir des actifs financiers pour des fonds d’investissement étrangers. Ce n’est pas une simple transaction commerciale : c’est une capitulation devant la logique du capital, une nouvelle preuve que la crise climatique est devenue un marché juteux où les profits l’emportent sur la souveraineté collective.
Les parcs éoliens ne sont pas des gadgets : ce sont des biens communs qui transforment notre territoire, notre paysage, nos ressources naturelles en électricité. Quand on abandonne leur propriété à des acteurs privés basés à l’étranger, on perd le contrôle sur la gouvernance de notre propre transition. Qui décide des tarifs? Qui empoche les bénéfices? Qui peut retirer ses billes si la rentabilité n’est plus au rendez-vous? Ce genre de deals organise une dépendance structurelle envers des intérêts qui n’ont aucun engagement envers nos communautés, notre territoire ou notre avenir climatique.
On nous répète que le privé est plus efficace, que les capitaux étrangers accélèrent le développement. Mensonge. Ce qui se passe ici, c’est la marchandisation pure et simple d’infrastructures essentielles. Les éoliennes, financées en partie par des subventions publiques, deviennent des actifs rentables pour des fonds qui maximisent leurs dividendes pendant que les communautés locales voient leur territoire transformé sans vraie participation. Cette logique extractiviste — exploiter, rentabiliser, partir — est exactement celle qui nous a menés à la catastrophe écologique actuelle.
Qu’on soit clair : une véritable transition écologique ne peut pas être pilotée par le marché. Elle exige la propriété publique des infrastructures énergétiques, la participation démocratique dans les décisions d’aménagement, et une redistribution juste des bénéfices. Vendre nos éoliennes à des intérêts américains, c’est trahir l’idée même de justice climatique. C’est accepter que les profits filent vers Wall Street pendant que nous, on assume les impacts environnementaux et paysagers, et qu’on reste vulnérables aux décisions prises à des milliers de kilomètres d’ici.
Le Québec dispose de ressources naturelles immenses et d’un potentiel énergétique extraordinaire. Nous pourrions mener une transition écologique qui soit réellement au service de la population, ancrée dans nos territoires, contrôlée collectivement. Mais tant qu’on laissera le privé rafler nos actifs stratégiques, on continuera de subir la logique capitaliste qui transforme chaque crise en opportunité de profit. Il est urgent de reprendre le contrôle : nationaliser les infrastructures de transition, réclamer notre souveraineté énergétique, construire un avenir où le vent qui souffle sur nos terres travaille pour nous, pas pour des actionnaires anonymes.





