Parse-clean-Single-post12.item_.json_.imageName-1-44

Grève STM : conduire ou crever

Ils et elles tiennent encore la ligne, malgré le mépris, malgré les salaires figés dans le béton. En grève depuis une semaine, les conducteur·ices, mécanicien·nes et employé·es de la STM refusent d’avaler l’amertume qu’on sert au nom de « productivité ». Tandis que les éditos bourgeois s’acharnent à dépeindre les grévistes comme des égoïstes parasites, ce sont leurs mains noircies et leurs dos brisés qui ont porté – sans pause – un service public qu’on abandonne, qu’on abîme, qu’on saigne.

« J’ai vu des collègues piquer des crises de panique derrière le volant », souffle Layla, chauffeuse sur la ligne verte. « On est pressés comme des citrons, les pauses toilettes c’est devenu un luxe. Ils veulent plus avec moins. » L’uniforme STM est devenu une armure fissurée : rouler plus vite, réparer plus vite, sourire plus vite – pendant que tout casse autour. Le vrai sabotage, c’est celui commis par des gestionnaires qui réduisent des vies en colonnes Excel.

Le discours dominant veut faire croire que c’est la grève qui prend les gens en otage – mais qui rend la ville invivable, si ce n’est les coupes budgétaires, la privatisation rampante, la hausse indécente du coût de la vie ? Le sort des travailleur·euses de la STM est celui de tou·tes les précaires : sacrifié·es sur l’autel d’une efficacité toxique. La vraie dette collective est envers celles et ceux qui font rouler la ville, pas envers le PIB ou les chroniqueurs pressés.

Ici, on lutte pour rester humain dans un monde qui mécanise tout, même notre fatigue. La grève des transports à Montréal fait écho aux luttes ailleurs : les cortèges syndicaux en France, les sit-in aux États-Unis, les fermetures d’usines en Amérique latine. Ce sont les mêmes visages – travailleurs, migrantes, jeunes épuisés – qu’on traite en obstacles économiques alors qu’ils sont la colonne vertébrale de nos communautés.

Refusons le chantage moral d’un service public cannibalisé. Cette grève est une alarme. Une main levée pour dire : « stop ». Pas à la mobilité, mais à l’exploitation. C’est dans la solidarité – pas dans la soumission – que se fabrique la ville juste. Quand le métro s’arrête, c’est notre conscience collective qu’on remet en marche.

PARTAGER CET ARTICLE