Ils ont 20, parfois 30 ans. Et déjà la corde au cou. Les jeunes croulent sous des dettes qu’ils n’ont jamais vraiment choisies. Avant même que les lumières de Noël s’allument, les défauts de paiement explosent. Pas parce qu’ils vivent au-dessus de leurs moyens, mais parce que ce système a réduit leurs moyens à presque rien. Le crédit devient béquille dans une économie blessée, où le coût des légumes flirte avec le luxe, et où les salaires, eux, stagnent dans les limbes de l’injustice.
« Je dois choisir entre rembourser ma carte ou nourrir mon coloc et moi », lance Marilou, 25 ans, agente culturelle en contrat précaire. Comme elle, ils sont des milliers à n’avoir jamais connu la stabilité économique. Les pubs de cadeaux en boucle, les chroniques beauté des Fêtes, tout ça sonne comme une insulte quand ton frigo est vide le 23 décembre. Derrière chaque facture impayée, il y a une hypocrisie sociale : celle qui refuse de voir que cette génération ne consomme pas pour le plaisir, mais pour survivre.
Le capitalisme aime vendre des rêves avec intérêts. Il propose l’endettement comme solution individuelle à des problèmes systémiques. T’as pas d’argent ? Prends une carte. T’as pas de toit ? Fais une demande de prêt. Mais aucun crédit magique ne compensera l’arnaque généralisée qu’est ce modèle économique. Ce n’est pas une affaire de mauvaise gestion personnelle. C’est un piège soigneusement tendu : travail sous-payé, loyers exorbitants, services publics amputés. Et le piège se referme juste avant les Fêtes, période de festivité imposée et marchandisée.
Les rues bruissent de colère contenue. Des collectifs s’organisent, des slogans jaillissent : « La dette tue », tagué sur les murs d’un centre-ville trop propre pour être vrai. On y parle de grève de consommation, de potlucks solidaires, d’échange de services sans argent. Jeunes et fauchés, oui, mais pas résignés. Là où les banques ferment leurs portes, la solidarité casse les serrures. Un autre système est non seulement possible, il est urgent.
Ce n’est pas à nous de changer nos budgets, c’est au système d’arrêter de nous voler. Chaque défaut de paiement est un cri politique. Et nous devons l’entendre. Cette économie fait semblant de soutenir les jeunes pendant qu’elle leur passe la corde au cou avec leur propre carte de crédit. Il faut brûler la dette comme on brûlerait un symbole d’oppression. Parce qu’un avenir juste ne se construit pas sur des mensualités impayables, mais sur un refus déterminé de se soumettre.





