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Gouvernance syndicale : une attaque contre les droits des travailleurs

Ils appellent ça « perfectible ». Un mot doux pour un coup dur. Le ministre Boulet tatonne autour de son projet de loi sur la gouvernance syndicale comme un dompteur de cirque, agitant sa torche sans toucher la flamme. Mais sous cette rhétorique lisse, c’est une attaque frontale : les gouvernements successifs ne digèrent toujours pas que les travailleurs et travailleuses puissent s’organiser en contre-pouvoir populaire. Ce projet de loi, c’est la nouvelle ruse technocratique pour désarticuler la force collective.

Ce n’est pas la première fois que l’État s’acoquine avec les intérêts patronaux pour saboter la seule arme du peuple contre une économie cannibale. Depuis les lois spéciales imposées aux grèves étudiantes jusqu’à la criminalisation du militantisme dans les hôpitaux, l’histoire québécoise regorge de ces trahisons maquillées en réformes. Aujourd’hui, on nous parle de « transparence », mais ce vernis cache mal une volonté de contrôle : imposer de l’extérieur des structures de gestion qui affaiblissent l’autonomie syndicale.

Rendre des comptes? Bien sûr. Mais pourquoi toujours dans un sens? Où sont les lois de « perfectibilité » qui contraindraient les grandes entreprises à dévoiler leurs paradis fiscaux, leurs dons aux partis et leurs pillages environnementaux? Cette obsession de fliquer les syndicats trahit une peur viscérale : celle d’un monde où les travailleurs reprennent l’ascendant, où les tables tournent enfin. C’est ce monde-là qu’ils veulent empêcher d’advenir, sous prétexte de « bonne gouvernance ».

Il est temps d’arrêter de défendre nos droits à genoux. Ce projet de loi n’est qu’un avertissement de plus : nos conquêtes sont toujours en sursis. Il faut une riposte à la hauteur de l’attaque. Les syndicats doivent se lever ensemble, tous secteurs confondus, du salarié précaire aux fonctionnaires des hôpitaux, des profs aux éboueurs. Une grève intersectorielle serait plus qu’un baroud d’honneur — ce serait un cri pour la justice sociale, pour la démocratie réelle, pour la dignité.

Car affaiblir les syndicats, ce n’est pas juste une manœuvre politique : c’est priver les communautés d’un rempart contre la violence économique. C’est abandonner les jeunes laissés pour compte, les mères épuisées, les anciens balayés par l’austérité. Soutenir les syndicats, c’est défendre le bien commun. Et le bien commun, aujourd’hui, mérite bien plus que leur hypocrisie bureaucratique — il mérite notre insoumission organisée.

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