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Pétrole Venezuela : quand l’empire allume l’incendie

On ne livre pas la démocratie à coups de bottes militaires et de sanctions affamantes. Pourtant, en pleine flambée pétrolière, l’Occident applaudit la chute de Nicolás Maduro comme une victoire de la « liberté », oubliant commodément que les chars ne roulent jamais gratuitement. Après des années de blocus économique, de campagnes de diabolisation, et d’ingérences diplomatiques, c’est au moment où le brut explose qu’intervient — ô coïncidence — une arrestation spectaculaire. Derrière les discours policés du droit international, c’est le vieux théâtre impérialiste qui se rejoue, avec les puits de pétrole en coulisse et les intérêts canadiens, américains et européens au premier rang.

L’humanitaire ? Invisible. Les caméras occidentales cherchent Maduro, pas les mères qui pleurent dans les files d’attente pour un sac de riz. Pas de couloirs humanitaires, pas de soutien massif aux hôpitaux vétustes. La justice diplomatique n’est pas là pour soigner, mais pour punir. Et pendant ce temps, les multinationales préparent leur grand retour, drapées dans une nouvelle cape de libéralisme ressuscité. Le pétrole vénézuélien comme dîme de la réintégration au « marché libre ». Un pillage en costume-cravate, baptisé par les élites comme un renouveau économique, pendant que les quartiers populaires survivent entre pénurie et black-out.

Mais rien de nouveau sous le soleil brûlant de Caracas. Ce scénario pue la naphtaline coloniale : renversement de gouvernement récalcitrant, mise sous tutelle des richesses, mainmise sur l’économie. C’était déjà l’intrigue au Chili, en Irak, en Libye. L’empire ne change que ses narrateurs. Chaque fois, au nom de la démocratie, on arme le capital et on déshabille la souveraineté. Les compagnies pétrolières n’ont jamais eu besoin de visa pour traverser les frontières, juste d’une armée complice et d’un silence bien orchestré.

Dans ce chaos fabriqué, la nature aussi trinque. L’extractivisme militarisé rime avec déforestation, nappes polluées, climat fracturé. L’Amazonie vénézuélienne, déjà sous pression, risque l’agonie sous les crocs du néo-libéralisme armé. Aucune transition énergétique ne viendra de bombes. Et pourtant, les COP s’ouvrent pendant que les puits s’ouvrent, chacun dans son univers parallèle de greenwashing. On ne peut pas sauver la planète en carbonisant les peuples. Le pétrole est un poison plus qu’un pactole — et il est temps de le dire avec rage.

Mais la rue n’est pas morte. À Caracas, les murs parlent. « El petróleo es nuestro » tagué près des ministères, poings levés dans les manifestations que les médias occidentaux évitent soigneusement. La colère est là, bien vivante, bien lucide. Reste à ne pas la récupérer. Car le capitalisme adore aussi les slogans rebelles — pourvu qu’ils vendent. À nous de ne pas leur céder le feu de nos luttes. Le Venezuela n’est pas un terrain de jeu géostratégique. C’est un peuple debout, épuisé, mais digne. Et c’est notre devoir de le regarder dans les yeux, pas dans les barils.

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