Mark Carney débarque à Pékin comme un messie climatique en complet-cravate, mais sous les mots feutrés sur la « transition énergétique » se cache une vieille histoire qu’on connaît trop bien : marchandiser la crise, vendre le désastre, faire du profit sur un monde en feu. Derrière les accolades diplomatiques entre le Canada et la Chine, c’est une offensive d’« investissement vert » qui s’orchestre – une fumisterie d’exportation pétrolière grimée en progrès écologique.
Ces « nouveaux partenariats énergétiques » que Carney brandit comme des trophées ressemblent étrangement à ceux d’hier : pétrole, gaz, infrastructures destructrices. Sauf qu’aujourd’hui, on leur colle bien vite une étiquette verte, on les teinte de compost et d’hydrogène bleu. Mais les émissions continuent, les terres sont rasées, les communautés autochtones restent exclues, et le climat – ce grand oublié maquillé en variable d’ajustement – continue de payer le prix fort.
Le capitalisme climatique ne veut pas sauver la planète, il veut sauver les rendements. Et cette visite à haut profit illustre comment les élites recyclent les codes de la catastrophe pour renforcer l’ordre établi : accords commerciaux sous couvert de climat, dépendance aux énergies fossiles rebaptisée « innovation », diplomatie verte qui sent toujours l’odeur du pétrole. Peu importe que les glaciers fondent, du moment que la spéculation monte.
Face à ce théâtre d’ombres high-tech entre deux puissances extractivistes, il est temps de crier : non. Non à la croissance repeinte, non à l’exportation toxique sous slogan durable, non à cette illusion de contrôle climat par le haut. Ce sont les mouvements de la base qui portent une autre vision : une énergie décentralisée, populaire, publique ; une transition juste, décoloniale, féministe ; un refus collectif du productivisme suicidaire que Carney incarne si bien.
Exigeons une diplomatie climatique qui ne soit pas un club fermé de banquiers convertis en prophètes verts, mais un appel radical à transformer nos modes de vie, de production, d’habiter. Car pendant que Pékin et Ottawa alignent les contrats, les jeunes dans les rues, les peuples en lutte, les terres en résistance hurlent une vérité simple : notre avenir n’est pas à vendre.





