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Blocage ferroviaire étudiant : la jeunesse en révolte écologique

À l’aube, sous un ciel de février trop doux pour la saison, des dizaines d’étudiant·es ont dressé un mur humain sur les rails de Sherbrooke. Pas un hasard. Des semaines de préparation, d’assemblées générales, de slogans griffonnés à la lueur de lampes frontales. Leur message ? Assez de l’hypocrisie verte, assez que la jeunesse doive tout risquer pendant que les caisses de retraite — publiques, supposément responsables — financent l’effondrement climatique un pipeline à la fois.

« On bloque les trains parce qu’ils symbolisent le progrès qu’on nous promettait, mais qui nous écrase au nom de profits qui ne nous appartiennent pas », crie Maya, 21 ans, étudiante en environnement. Les fonds d’investissement québécois canalisent encore des milliards dans les combustibles fossiles, les mégaprojets toxiques, pendant que leurs bénéficiaires profitent d’hivers sans neige en Floride. Et nous ? On hérite de forêts calcinées et de villes inondées.

Ce blocage n’est pas un acte isolé, c’est un cri intergénérationnel. Les jeunes ne demandent plus : iels refusent. Refus d’un avenir sacrifié sur l’autel de la croissance. Refus de voir leur éco-anxiété traitée comme caprice. Les grands discours politiques sur la transition verte ne valent rien quand les mêmes institutions continuent d’alimenter l’industrie de l’effondrement. Les étudiant·es de Sherbrooke joignent leurs voix à celles de Vancouver, de Paris, de Santiago. Une planète, une colère commune.

La désobéissance civile devient l’outil de celles et ceux qu’on ne veut pas entendre. Pas de casse, pas de violence — juste la détermination ferme de ralentir le monde assez pour qu’il nous écoute. « On est les enfants de vos choix, et les parents de demain », dit une bannière tendue entre deux poteaux. Chaque mot claque comme une vérité nue : le système est obsolète, et tout compromis avec lui est une trahison des vivants.

Loin d’un simple blocage, ce geste est une œuvre de résistance collective. Une leçon de courage qui rappelle que ce sont souvent les jeunes, marginalisé·es, précaires, queer et révolté·es, qui tiennent la ligne rouge quand tout s’effondre. Le rail tremble, pas de la force du train, mais de celle des corps insurgés. Si nos aîné·es ont la mémoire du passé, alors notre génération est la blessure ouverte du futur. Et on crie : plus jamais ça.

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