Le PQ, en bon funambule politique, avance à pas feutrés sur le fil tranchant des hydrocarbures. Ils ne ferment pas clairement la porte aux nouveaux oléoducs et gazoducs, prétextant « évaluer les projets au cas par cas ». Traduction? C’est le pipeline qui dicte la souveraineté, et non le peuple ni la planète. Dans une époque où chaque tonne de CO₂ est une trahison envers les générations futures, cette position équivaut à tendre l’oreille aux sirènes fossiles tout en prétendant jouer de la lyre patriotique.
Comment parler d’émancipation nationale pendant qu’on laisse les multinationales perforer nos terres comme autant de plaies ouvertes? L’identitaire qui se tait sur l’écocide est une coquille vide. La vraie souveraineté commence là où on choisit la vie plutôt que le profit, les forêts plutôt que les fuites de méthane, les rivières plutôt que les rendements boursiers. Laisser planer l’idée d’un Québec foré au nom de la transition, c’est recycler l’égoïsme canadien, en version bleue pâle.
On parle ici de projets qui déchirent les territoires, assassinent la biodiversité et ravagent les communautés autochtones. Ce n’est pas juste une question de pipeline, c’est une question de conscience. Les écosystèmes n’ont pas de couleur de passeport, ils saignent tous pareil quand on les brutalise. Ce que le PQ feint d’oublier, c’est que chaque infrastructure fossile construite aujourd’hui est une promesse de chaos demain. Et dans cette promesse, il y a feu, sécheresse, exil et désespoir.
L’écoblanchiment politique est une maladie chronique : promettre du vert sur trame grise. On l’a vu venir avec le CAQ, on l’a supporté sous les libéraux, et maintenant le PQ danse sur le même air avec un vernis nostalgique. Mais repeindre le pétrole en bleu n’en fait pas un symbole de liberté. C’est du maquillage sur un cadavre. Les jeunes le voient clair : la consistance idéologique ne se mesure pas en slogans nationaux, mais en courage écologique. Et ce courage est absent quand on refuse de dire « non » à voix haute à un projet pétrolier.
Il est temps de réclamer une souveraineté écologique. Une souveraineté qui commence par dire que le sol québécois ne servira pas d’autoroute aux profits des empires du gaz. Une souveraineté qui se lie aux luttes autochtones, aux résistances citoyennes, aux jeunes en révolte contre l’apathie. On ne peut brandir le drapeau tout en creusant la tombe. Le Québec qu’on appelle de nos voeux n’aura pas les mains sales de bitume, mais le souffle d’un peuple debout, les racines dans la terre, l’horizon déployé vers l’avenir vivant.





