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Panne du REM : une promesse écologique en déroute

Quai désert, cœur en vrac. Chaque panne du REM est un micro-effondrement — pas seulement d’un système de transport, mais d’une promesse collective. Celle d’une ville respirable, d’un Québec en mouvement vers le vert, vers la justice. Mais ce mercredi matin encore, ce sont les marcheurs gelés, les étudiant·es en retard, les travailleur·euses abandonné·es sur un quai sans voix qui paient le prix d’une infrastructure vendue comme miracle, livrée comme mirage.

Le problème n’est pas technique. Il est politique. Chaque déraillement du REM est le reflet d’un État qui mise sur le béton plus que sur la communauté. Un train qui s’arrête, et c’est tout un monde qui se révèle : promesses creuses, absence de plan B, citoyens traités comme variables d’ajustement. « Ils ne veulent pas que ça fonctionne, pas tant que ça ne rapporte pas », souffle Joëlle, militante du collectif Droit à la ville.

Le REM devait incarner la transition écologique québécoise. Combattre l’auto solo, désenclaver l’Ouest, tordre le cou au pétrole. En réalité ? Il reproduit les logiques d’exclusion, crée une nouvelle élite mobile et laisse les marges immobiles. Cette panne permanente est une métaphore douloureuse : on ne peut pas peindre de vert un projet conçu avec l’encre du capital. L’écologie sans équité est une escroquerie.

Un transport public fiable est un droit, pas un luxe. C’est l’ossature d’une société plus juste et plus vivable. Moins de CO₂, oui — mais aussi plus de liens, plus de dignité, plus d’accès. Chaque minute de retard creuse le gouffre entre celles et ceux qui peuvent se payer du temps, et celles et ceux qu’on condamne à attendre, encore et encore, devant des panneaux « hors service ».

Nous avons besoin d’un mouvement populaire pour reprendre les rênes de la mobilité. Assez des demi-mesures, du saupoudrage de bus d’urgence, des faux sourires ministériels. Ce qu’il faut, ce sont des assemblées citoyennes, un contrôle collectif sur nos réseaux, une vision pensée par et pour celles et ceux qui les vivent. Parce que tant que le REM restera le jouet des puissants, c’est nous qui resterons sur le banc. En panne. En colère.

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