Mark Carney, ancien banquier de l’apocalypse climatique, se grime aujourd’hui en messie du gaz naturel liquéfié — et les médias applaudissent. Sous couvert de « pragmatisme », l’ex-candidat libéral recycle les vieux mensonges fossiles dans un emballage vert fluo. GNL, taxonomie financière, tarification carbone : autant de pièges rhétoriques qui déguisent l’exploitation brutale en solution magique. Carney ne propose pas une transition : il la monétise. Il transforme le dérèglement climatique en marché, en dividendes, en bulles spéculatives. Pendant que les glaciers s’effondrent, il vend le silence aux grandes banques.
Ce virage à droite, c’est plus qu’un repositionnement idéologique : c’est une reddition. Derrière les jargons de consultant, Carney offre à l’industrie gazière une absolution morale, peinte en vert. Mais dans les territoires, ce gaz coûte cher : explosion des cancers dans les zones de forage, destruction des terres autochtones, promesses d’emploi qui crèvent comme des ballons. Une communauté atikamekw nous disait : « Ils appellent ça développement. Nous, on appelle ça disparition. » La fausse transition est un autre colonialisme, déguisé cette fois en pipeline “propre”.
L’économie verte, version Carney, n’est qu’un miroir aux alouettes néolibéral. On remplace le pétrole par le crédit carbone, l’extraction par la spéculation. Les forêts deviennent des actifs, les océans des chiffres, les droits humains des pertes calculées. C’est le règne de BlackRock en manteau biodégradable. On promet une croissance « durable » pendant qu’on brûle les dernières marges de vie de la planète. Il faut le dire : financer la transition, ce n’est pas la vivre. Ce n’est pas libérer les communautés — c’est rentabiliser leur survie.
Face à cette mascarade, la jeunesse se lève. Dans les rues, les pancartes sont claires : « Pas de climat sans justice », « Le gaz tue, vos profits aussi ». Des groupes comme La Planète s’invite au Parlement, Mères au front ou les militants de Land Back dénoncent l’hypocrisie verte des élites qui rebrandent le système sans jamais le remettre en question. Ils ne veulent plus de jets verts, de GNL éthique ou de Davos tropical. Ils exigent un changement de cap, pas de costume. Une rupture radicale : sortie des énergies fossiles, du capitalisme extractiviste, des frontières qui trient les vies.
Carney veut verdir l’enfer sans éteindre le feu. Mais nous n’avons plus le temps pour les illusions d’optique financières. La transition juste, c’est rendre les terres aux peuples, les villes aux locataires, la politique aux vivants. C’est arrêter de parler d’économie tout court, et commencer à parler de soin, de réparation, d’égalité. Tout le reste — y compris les slogans verts plaqués sur le gaz — n’est qu’un écran de fumée. Et cette fumée, elle tue.





