Dans un Québec où les glaciers reculent plus vite que les promesses vertes, Hydro-Québec rallume une vieille braise fossile : la centrale au gaz de Bécancour. Sous prétexte de « fortes demandes hivernales », on ravive une source d’énergie polluante, maquillée en plan B rationnel. Cette décision n’est pas un ajustement technique — c’est un désaveu politique, une insulte crachée au visage de la jeunesse qui manifeste pour la justice climatique.
Le gouvernement Legault et la direction d’Hydro-Québec n’en sont pas à leur première hypocrisie verte. Pendant qu’on vend au monde l’image d’un Québec propre et hydroélectrique, on injecte du gaz naturel dans nos veines énergétiques. C’est le règne du double discours : devant les caméras, on signe des pactes pour atteindre la carboneutralité ; dans les coulisses, on rentabilise la crise. La centralité du profit court-termiste mène toujours à la même trahison : vendre demain pour sauver aujourd’hui.
Face à cette volte-face environnementale, les voix s’élèvent. Du collectif Mères au front à la coalition Sortons la Caisse du carbone, les appels se multiplient : ce n’est pas une urgence énergétique, c’est une urgence démocratique. Qui décide de polluer nos airs ? Qui choisit des tuyaux au lieu du soleil et du vent ? Ces décisions sont prises sans consultation, sans débat public, sans respect pour les générations futures. Une gouvernance opaque pour des choix toxiques.
Rallumer le gaz, c’est faire machine arrière dans la transition écologique. C’est dire aux jeunes militant·es qu’ils peuvent continuer à jeûner devant l’Assemblée nationale pendant qu’on engraisse les actionnaires. Une transition réelle, c’est des investissements massifs dans l’efficacité énergétique, dans la sobriété, dans les réseaux décentralisés. Pas une dépendance programmée aux énergies du passé. À quoi bon parler d’électricité verte si c’est pour la salir de gris à la moindre tension de réseau ?
Il ne s’agit pas seulement d’électricité, mais de vision. D’une bataille entre deux récits : celui de la cupidité d’état, complice du lobby fossile, et celui des communautés qui imaginent un futur viable, libéré du gaz et de ses chaînes. Hydro-Québec appartient au peuple, mais ce peuple n’est jamais consulté. Il est temps d’allumer une autre flamme : celle de la démocratie énergétique. Exproprions les logiques de profit de nos infrastructures vitales. Réquisitionnons l’avenir.





