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COP30 : Le Spectre Trump Plane Toujours

Il n’a pas posé un seul pied à Belém, mais Donald Trump était partout à la COP30. Pas en chair et en tweets, mais en héritage politique — lourd, houleux et bien vivant. Le gouverneur californien Gavin Newsom a tiré à boulets rouges sur l’ancien président, décrivant son legs comme une plaie ouverte dans les tentatives globales de lutter contre le changement climatique. Une critique venue de l’intérieur du pays de l’Oncle Sam, mais qui a trouvé un écho bien au-delà des frontières américaines. Car ce que Trump incarne — dérégulation, soutien inconditionnel au pétrole, mépris du multilatéralisme — reste un modèle pour les climatosceptiques du monde entier.

Dans les couloirs étouffants de l’Amazonie brésilienne, la rhétorique semble en avance sur les actes. Les promesses réchauffent les micros, mais pas les foyers des déplacé·es climatiques du Mozambique ou du Pakistan. Tandis que les pays riches se congratulaient sur des objectifs nets zéro, les ONG du Sud global rappelaient qu’aucun fonds d’indemnisation climatique n’est encore opérationnel. ‘Le vrai coût du carbone, c’est dans les villes submergées de Jakarta, les terres craquelées du Sahel’, résume Fatima El-Haddad, porte-parole de Climate South Alliance. Une réalité où Trump, même absent, reste le symbole de cette hypocrisie globale : parler climat tout en subventionnant le pétrole.

Et la California dreamin’ de Newsom ? Un brin performatif, selon plusieurs activistes. Si l’État doré a légiféré sur l’électrique, il continue à extraire. L’union entre pouvoir politique et intérêts fossiles est un mariage difficile à rompre. Ici comme ailleurs, les symboles masquent mal les complicités. Comme me l’a soufflé un jeune militant kényan rencontré sur place : ‘Ils promettent pour 2050, alors qu’on brûle maintenant.’ Ce décalage temporel entre promesse et réalité fait de la COP30 une scène où l’avenir est sans cesse reporté — au nom du possible, jamais du nécessaire.

Vue d’Alger, de Bogotá ou de Dacca, l’inertie climatique du Nord ressemble à un mépris maquillé en diplomatie. Tandis que les mégapoles du Sud se noient ou suffoquent, Washington s’interroge encore sur l’opportunité d’intégrer le coût social du carbone dans ses calculs. Depuis la sortie des États-Unis de l’Accord de Paris sous Trump, puis leur retour en demi-teinte sous Biden, le jeu diplomatique semble piégé : engagement sans garantie, solidarité sans redistribution. Cela donne une COP où le mot ‘crise’ est répété à chaque panel, mais où l’action reste en option, surtout quand elle dérange les intérêts transnationaux.

Reste que le climat, lui, ne vote pas, ne tweete pas, et n’attend pas 2026 pour se manifester. Alors que les négociations achoppent sur les mécanismes de financement, les mouvements pour la justice climatique s’interconnectent. Des étudiants brésiliens aux paysans sénégalais, les voix s’élèvent pour lier climat et dignité. ‘Le réchauffement, ce n’est pas qu’une température, c’est une injustice’, déclarait une représentante indigène en conférence. Tant que l’horizon politique reste modelé par les intérêts de dirigeants comme Trump, même en leur absence, la transition écologique restera au conditionnel. Une COP de plus, un signal de moins ?

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