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Crise de la démocratie : peuples en marche contre les dérives autoritaires

À force d’user la peur comme arme politique, les populismes d’aujourd’hui sapent les fondements mêmes des démocraties modernes. On ne compte plus les exemples : aux États-Unis, Trump 2.0 attaque frontalement la justice fédérale, désarme les contre-pouvoirs et banalise les menaces contre les ONG comme l’ACLU, pendant qu’en Europe, des gouvernements verrouillent les médias et criminalisent la solidarité avec les exilés. Le tout emballé dans un discours prétendant « restaurer l’ordre », une illusion bien utile pour masquer la concentration autoritaire du pouvoir.

Le schéma est rodé : identifier des ennemis (migrants, féministes, juges), agiter les bras (Twitter, télé ultra-conservatrice) et exploiter les failles du système démocratique pour mieux le vider de sa substance. Toute tentative de justice – qu’elle soit climatique, sociale ou raciale – est diabolisée. Les minorités deviennent des suspects systématiques. Et la démocratie ? Elle devient un mot vide, décoratif, à brandir seulement pour dire aux autres combien ils sont « moins civilisés » que nous.

Mais cette mascarade a un coût, surtout pour celles et ceux déjà aux marges : enfants de l’immigration, personnes LGBTQ+, réfugiés, peuples autochtones. Là où l’État devrait protéger, il surveille. Là où il devrait réparer, il punit. Partout, le droit recule sous les bottes de la suspicion et du nationalisme. La politique de la peur est performative : elle forme une société du soupçon où la solidarité devient subversive. On érige des murs – réels ou numériques – à défaut d’investir dans les ponts sociaux.

Et pourtant, partout les résistances s’organisent : dans les favelas brésiliennes, les communautés LGBTQ+ mutualisent les moyens de survie quand l’État les abandonne. En Hongrie ou au Maroc, des médias indépendants bravent la répression pour livrer une information libre. Des ONG comme Article 19, Reporters sans frontières et No Name Kitchen luttent, chacune à leur manière, contre ce climat d’étouffement. Leur message : la démocratie n’est pas un héritage mais une conquête collective, fragile et vivante.

Alors, que faire ? Déjà, refuser le fatalisme. Opposer à chaque recul un geste, une parole, un lien. Comprendre que la bataille démocratique ne se joue pas seulement dans les parlements mais aussi dans les quartiers, les associations, les barricades médiatiques. Car si l’autoritarisme prospère sur l’isolement, le contre-pouvoir fleurit dans les solidarités. Être démocrate aujourd’hui, ce n’est pas croire naïvement aux institutions : c’est les reconstruire, les défendre, les élargir – ensemble.

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