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Déconnexion NPD luttes sociales : parler avec le peuple

À entendre Don Davies, député de Vancouver-Kingsway, le NPD doit « sortir de la bulle d’Ottawa ». Une formule qui claque, mais qui résonne curieusement nostalgique, comme si le parti cherchait à retrouver une part d’âme égarée en chemin. En filigrane, on décèle une critique interne de la professionnalisation de la politique, de ce bunker capitalo-techno qu’est devenue la colline parlementaire. Pourtant, parmi les syndicats, les activistes climatiques, les communautés migrantes, nombreux sont ceux à se demander si cette main tendue ne vient pas un peu tard — ou trop timidement.

Historiquement, le NPD fut le seul parti vaguement capable de relier les corridors du pouvoir aux luttes de terrain. Mais de l’appui mou au mouvement Wet’suwet’en jusqu’à l’ambiguïté face au financement militaire, le fossé s’est creusé avec les acteurs des luttes concrètes. « On perd les gens parce qu’on ressemble de plus en plus aux autres », signale une militante syndicale de Hamilton, exprimant une fatigue que partagent aussi plusieurs voix progressistes racisées. L’éloignement est autant symbolique que logistique : bien peu de figures issues directement des luttes sociales siègent aujourd’hui dans les rangs néo-démocrates.

Cette disconnexion n’est pas un cas isolé. Du Labour britannique après Corbyn au Parti socialiste espagnol post-Podemos, le virage centripète des partis de gauche occidentaux est devenu classique. Tous ont utilisé un langage d’inclusion pour mieux se délester du poids des mouvements plus contestataires. Rare exception, le Frente Amplio chilien, qui tente lui de maintenir des alliances organiques avec les quartiers populaires et les collectifs féministes — quitte à froisser la « respectabilité » institutionnelle. À Ottawa, ce genre d’audace semble encore hors de portée.

À ceux qui espéraient du congrès de réinvention du NPD un tournant plus radical, la récente sortie de Davies peut apparaître comme une promesse creuse : veut-on vraiment reconnecter avec le terrain ou simplement donner le change? Les ONG communautaires interrogées dans le quartier Parc-Extension évoquent un besoin de co-construction, pas de consultations symboliques. « Ce dont on a besoin, dit une travailleuse culturelle impliquée dans les cercles antiracistes, c’est d’un parti qui prenne plus qu’un selfie avec nos causes. »

Reste à voir si cette volonté de sortir de la « bulle » accouchera d’un vrai changement de méthode. Car le désamour avec les mouvements sociaux ne se résoudra pas avec un slogan ou quelques rencontres sur Zoom. Il faudra rouvrir les structures du parti, amplifier les voix communautaires et, surtout, prendre des risques politiques. Et si le NPD veut regagner sa légitimité populaire, il devra faire bien plus que parler pour le peuple. Il devra recommencer à parler avec lui — sans filtre, ni costume préfabriqué.

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