Parse-clean-Single-post12.item_.json_.imageName-1-81

Des SUV à la place de la survie : quotas véhicules électriques trahis

Le gouvernement Trudeau vient d’enterrer un de ses rares engagements climatiques : les quotas de vente de véhicules électriques. Une décision en catimini mais au parfum de bitume brûlé et de cigares d’actionnaires. Sous les néons froids d’Ottawa, on s’incline encore devant les bosses en cravate du lobby auto-pétrolier. Pendant que la Californie interdit les moteurs à combustion pour 2035, ici, on déroule le tapis noir pour les barons du pétrole. Ottawa a choisi ses alliés : ce ne sera ni la jeunesse, ni la planète. Ce sera Suncor.

Et justement, Suncor : profits records. 9 milliards de dollars empochés pendant que les Prairies rôtissent et que les glaciers fuient. L’essence coule à flots, les dividendes aussi. Et pendant que les PDG sabrent le champagne dans une tour vitrée, nous respirons leur fumée. Littéralement. Les mégafeux de 2025 n’ont pas suffi. Pas plus que les cris des enfants évacués, les forêts disparues, ou les milliers d’espèces balayées. Ce système laisse mourir pour engranger. Chaque baril est un vote contre l’avenir.

« Ils nous disent de faire confiance aux géants, mais chaque décennie perdue, c’est notre vie qui rapetisse », lâche Leïla, 22 ans, militante pour Dernière Génération. Comme tant d’autres dans les rues de Sherbrooke ou de Val-d’Or, elle scande pour une justice climatique qu’on refuse d’inscrire dans la loi. Ces jeunes n’attendent plus le changement : iels le crient, le dessinent, le bloquent sur les routes. Pendant que l’État s’agenouille devant l’économie extractive, ces corps en résistance prennent racine sur l’asphalte.

On nous vend du progrès quand on retire les quotas; on nous jette des mots creux comme « choix des consommateurs » pendant qu’on construit plus de parkings que de logements sociaux. C’est ça, la politique climatique à la sauce libérale : peindre en vert les murs de la prison carbonée. Ce n’est pas un oubli ni un accroc : c’est une stratégie. Ne rien faire quand il faudrait tout renverser. Gagner du temps pour les profits, perdre des vies avec chaque inondation.

Nous exigeons une rupture. Pas des ajustements cosmétiques. L’avenir ne se négocie pas avec les pétrolières. Il faut démanteler le pouvoir des lobbies, rediriger les milliards vers le transport collectif, bannir les pubs de SUV, déclarer que le pétrole tue, parce qu’il tue. Tant que l’État servira l’industrie avant la vie, nous serons les braises sous leurs bottes. Et l’incendie viendra. Ce n’est plus une question de climat. C’est une question de dignité.

PARTAGER CET ARTICLE