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Données brûlantes, avenir glacé

Ici, on sacrifie des rivières pour entraîner des robots. Dans un Québec qui se targue d’être vert, le boom silencieux des centres de données IA avale sans relâche notre énergie verte comme un ogre binaire. Des milliers de mégawatts siphonnés pour faire tourner des machines à générer des images de chats et des clones vocaux. L’ampleur? 28 demandes d’accès à Hydro-Québec représentant assez d’électricité pour chauffer des centaines de milliers de foyers. Et tout ça, sans que la population ne sache pour qui ni pourquoi elle doit s’en priver.

C’est une folie débranchée : Hydro-Québec refuse désormais de nouveaux projets résidentiels dans certaines régions, pendant qu’elle branche des data centers ultra-gourmands à la chaîne. Ces édifices sans fenêtres ni humains, plantés comme des pansements numériques sur des territoires vivants, court-circuitent littéralement la transition énergétique. Chaque kilowatt-horaire dévié vers le calcul d’algorithmes, c’est un pas de plus hors du cadre climatique rêvé. C’est la brutalité d’un modèle qui préfère nourrir l’intelligence artificielle plutôt que protéger la biodiversité.

A-t-on seulement consulté quiconque pour cette brutale conversion électrique? Non. Ni référendum, ni débat public, ni évènement citoyen. L’État gère l’avenir énergétique derrière des portes closes, avec des deals conclus dans l’ombre avec des géants technos qui viennent se brancher ici comme à une pompe à billets presque verte. Cette absence de démocratie énergétique est une trahison totale envers la jeunesse, les Premiers Peuples, les quartiers populaires et toutes celles et ceux qui rêvent d’un Québec écologiquement juste.

Et qui en profite? Certainement pas les gens qui peinent à chauffer leur appart en novembre. Ce sont les multinationales du numérique — souvent étrangères — qui empochent les bénéfices. Les profits sont privatisés, les coûts environnementaux et sociaux socialisés. Les promesses d’emplois sont minces, tandis que la facture énergétique elle, augmente pour tout le monde. On échange notre avenir contre des images haute définition et des serveurs froids comme la lune. Où est le bien commun là-dedans?

Assez du techno-solutionnisme qui repeint en vert des infrastructures coloniales dédiées au capital. La véritable innovation serait de tourner le dos à ce délire technologique et de réinventer notre rapport à l’énergie, à la nature, à l’information. Ce n’est pas de plus d’intelligence artificielle dont on a besoin, mais d’intelligence collective, enracinée, humaine. Progrès pour qui? Tant que le peuple n’a pas voix au chapitre, ce n’est pas du progrès. C’est du pillage numérique.

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