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EXO et la suppression de postes : une menace pour le transport collectif durable

EXO vient de supprimer plus de 70 postes. Pas pour réduire son empreinte carbone, mais soi-disant pour « préserver le service ». Une aberration. Derrière cette formule creuse se cache une logique implacable : faire payer la crise aux travailleurs pendant que nos dirigeant·es chantent les vertus d’une transition verte au rabais. Moins de personnel, c’est moins de présence humaine, moins de sécurité, moins de fiabilité — et plus de dégoût chez les usager·ères déjà frôlé·es par la désillusion chaque matin sur les quais vides.

C’est une purge qui a le goût âcre de la précarité. Les agent·es de gare, les superviseur·euses, ces petites mains du quotidien, deviennent les boucs émissaires d’une gestion à courte vue. Pendant que les PDG parlent d’« optimisation », les familles québécoises, elles, voient leur accès à un transport digne de ce nom s’effriter. Rationaliser aujourd’hui, c’est hypothéquer demain. Et tout ça sous le vernis hypocrite du développement durable.

Comment peut-on parler de transition écologique tout en coupant dans ce qui la rend possible ? Moins de personnel, c’est un service affaibli, donc moins attractif — donc plus de voitures sur la route. Chaque poste supprimé est un pas en arrière dans la lutte climatique. On ne combat pas un incendie planétaire à coups de bâtons budgétaires. C’est toujours la même chanson : le capitalisme repeint en vert, mais la peinture s’écaille dès qu’on gratte un peu.

Ce sont toujours les mêmes qui trinquent. Les étudiant·es, les personnes âgées, les bas revenus, les personnes racisées vivant dans les quartiers périphériques. Celles et ceux qui ne peuvent pas se payer une auto, pas se permettre des taxis de remplacement. Le transport collectif, c’est un droit fondamental dans une société qui prétend vouloir survivre au chaos climatique. Saboter ce droit, c’est exclure, punir, ghettoïser.

Nous avons besoin de bien plus qu’un service « maintenu ». Nous avons besoin d’un déploiement massif, public, financé et humain. Nous devons exiger des budgets équitables, une gouvernance démocratique, l’embauche — pas les suppressions — et un engagement profond envers la justice sociale et climatique. EXO ne doit pas devenir le symbole d’un écologisme amputé. Il est temps de faire dérailler l’austérité glissée sous l’étiquette verte. Pour nos routes, pour nos poumons, pour l’avenir.

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