On nous répète que « y’a plus d’argent », pendant que des milliards pleuvent sur l’armée, les multinationales de l’énergie fossile, et les spéculateurs immobiliers. L’austérité, c’est pour les hôpitaux, les écoles, les logements sociaux — pas pour les tanks, les dividendes, les paradis fiscaux. On a inversé la logique. Ceux qui détruisent reçoivent, ceux qui soignent survivent. Il est temps de découper cette mascarade à la machette de la vérité populaire.
Chaque infirmier·e épuisé·e, chaque prof en burn-out, chaque locataire gelé·e dans un appartement insalubre est un rappel vivant d’un État qui a quitté le camp de la vie. Financer la paix, la santé, la dignité : ce n’est pas un luxe, c’est une urgence. À quoi bon une économie qui privatise le soin et subventionne la guerre ? L’utilité sociale ne peut pas être sacrifiée sur l’autel du profit. Elle est ce qui nous maintient debout, ensemble, humains.
Il faut redéfinir les critères d’investissement public. Pas selon ce qui rapporte à quelques-uns, mais selon ce qui soigne, nourrit, éduque, préserve. Une école ouverte, une forêt protégée, une maison chauffée — voilà les vraies richesses. On veut que l’argent aille là où ça bat, pas là où ça boursicote. Soutenir les métiers du care et de l’écologie, ce n’est pas une question de budget. C’est une promesse d’avenir.
Mais pour cela, il faut une justice fiscale réelle. Taxer les ultra-riches, en finir avec les niches absurdes, traquer la fraude massive. Qu’on arrête de demander à celles et ceux qui galèrent de combler les trous creusés par les profiteurs. Et il nous faut une démocratie vivante, où les choix d’investissement sont décidés par et pour les gens. Parce que les budgets sont politiques. Et ils doivent refléter nos valeurs, pas celles des lobbyistes.
Alors oui, on appelle à la mobilisation. À repeupler la rue avec nos cris, nos pancartes, nos espoirs. À faire front commun autour de l’utilité humaine contre la froideur du capital. Chaque voix compte. Chaque geste compte. On veut un État qui ne mesure pas la valeur de la vie à l’aune du PIB, mais à la lumière de ce qui nous rend vraiment vivants. On ne négociera pas notre droit à prendre soin les un·es des autres. C’est vital. C’est non-négociable.





