Quand l’État vend la lumière au prix fort, ce sont les plus vulnérables qui restent dans le noir. Hydro-Québec annonce une nouvelle hausse de ses tarifs résidentiels : +3% dès avril. Ce n’est pas qu’un chiffre froid, c’est un autre clou planté dans le cercueil de l’accessibilité énergétique. Alors que les profits explosent et que les exportations rapportent des milliards, pourquoi faut-il encore et encore ponctionner les ménages québécois, surtout les plus pauvres ?
Dans les HLM, les blocs vieillissants, les logements mal isolés des quartiers ouvriers, la facture grimpe alors que les fenêtres laissent fuir la chaleur. Pour une famille solo à Laval ou un aîné en Gaspésie, ce n’est plus une question de confort, c’est de la survie. On parle de précarité énergétique : choisir entre manger chaud ou se chauffer. Dans une province aussi riche en hydro-électricité, c’est un scandale moral que des milliers de gens vivent dans le froid pour équilibrer les bilans « stratégiques » d’une société d’État.
Ce que le gouvernement Legault vend comme un « ajustement responsable » est un détournement organisé. L’argent des hausses ne revient pas aux communautés ; il file dans les coffres d’un État qui préfère subventionner Northvolt et bâtir des autoroutes pour milliardaires. Pendant ce temps, les groupes communautaires manquent de financement pour aider leurs membres à payer leurs factures d’Hydro. Qui profite de cette politique? Pas les locataires. Pas les régions. Mais les cartels de l’industrie, les firmes de génie-conseil, les actionnaires d’un capital vert lavé à l’eau sale.
Il faut crever l’écran de propagande tranquillement technocratique. Notre énergie vient de l’eau, de nos territoires volés, de nos ressources communes. Pourquoi n’aurait-elle pas une gouvernance démocratique, participative et populaire? Pourquoi ne pas geler les tarifs résidentiels, imposer les grands utilisateurs industriels, subventionner l’efficacité énergétique des logements locatifs? Pourquoi rester pris avec un modèle qui traite l’électricité comme un produit de luxe, alors qu’elle devrait être un droit inaliénable ?
Il est temps d’allumer la colère. De brancher notre indignation sur la réalité de celles et ceux qui vivent l’hiver dans le froid. Arrêtons de payer plus cher pendant que nos dirigeants chauffent leurs deals avec le privé. Réclamons une économie énergétique pour les gens, pas pour les profits. L’électricité est à nous. Elle coule de nos rivières, pas des portefeuilles corporatifs. Elle doit servir notre monde – pas les marchés.





