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L’industrie aurifère au Québec : un mirage vert toxique

Dans les bureaux vitrés de Québec, l’or brille plus fort que la glace boréale. On nous vend l’extraction aurifère comme une bouée de sauvetage économique, un eldorado responsable en plein virage vert. Mais que cache cette promesse scintillante ? Des paysages martyrisés, des eaux chargées d’arsenic, et une dépendance étatique à un modèle colonial qui mutile le territoire au nom d’un progrès minier. Voilà le vrai visage de l’industrie aurifère dite « essentielle » au Québec.

Le gouvernement Legault, drapé dans les habits verts de la transition énergétique, place ses pions sur la carte minière avec l’assurance d’un joueur de Monopoly. On parle de batterie verte, d’avenir technologique, mais à quel prix ? Chaque gramme d’or arraché du sol réclame des millions de litres d’eau, des tonnes de déchets acides, et des kilomètres de forêts rasées. On ne sauve pas la planète en éventrant la terre. C’est l’hypocrisie verte à son paroxysme.

Les voix qui vivent sur ces territoires, elles, sont trop souvent réduites au silence. Communautés autochtones déplacées, habitats bouleversés, savoirs ancestraux évincés — la stratégie extractiviste vient coloniser non seulement des sols mais des visions du monde. On sacrifie la culture sur l’autel du capital, pendant que les décideurs se gargarisent de retombées économiques. Il ne s’agit pas seulement d’exploiter la roche. C’est aussi une extraction de souveraineté, de mémoire, de sens.

Une vraie résilience locale, c’est celle qui mise sur la souveraineté alimentaire, l’économie circulaire, les communautés autosuffisantes en énergie et en besoins. Pas sur un modèle cannibale qui exporte les profits et laisse les cicatrices. Il nous faut replanter, réparer, imaginer des réseaux économiques qui ne dépendent pas de la mine mais de l’humain — vivants, solidaires, vivables. Le Québec doit cesser de dépendre des entrailles de sa terre comme on dépend d’une drogue douce : ça berce, mais ça détruit.

Il est temps d’arracher les masques dorés et de reconnaître que le mythe de l’or propre est un leurre politique. Chaque mine est une fracture dans notre promesse écologique. Il ne suffit pas de repeindre en vert les machines de mort. Il faut les arrêter. Car pendant qu’ils creusent pour briller, c’est nous, le peuple, qui croulons sous le prix caché de leur richesse. Le vrai or du Québec, ce n’est pas celui qu’on extrait. C’est celui qu’on protège.

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