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Livraison SAQ Uber : vers l’enfer du capitalisme algorithmique selon Camille

On croyait la SAQ publique. On croyait que l’État québécois, au moins, pouvait résister à l’appel sirène des géants du capitalisme de plateforme. Mais voilà : Uber Eats entre dans la danse. Sous prétexte de « moderniser l’expérience client », notre monopole d’État se lie aux rois de l’exploitation algorithmique. Livraison à domicile? Oui. Mais aussi livraison de nos biens collectifs au privé, avec le reçu signé par Legault.

Les livreurs Uber, on les voit glisser dans les rues glacées, souvent sans assurances, sans conditions dignes, sans salaire garant. Ce ne sont pas des partenaires, ce sont des sous-traitants jetables. L’État québécois décide donc, en connaissance de cause, que ses bouteilles pourront dorénavant voyager sur le dos de travailleuses précarisées. Le vin à 25$, livré par quelqu’un qui gagne 4$ la course. Santé!

Il ne s’agit pas ici d’un simple service logistique. Il s’agit d’une compromission idéologique. Quand nos institutions publiques cèdent aux multinationales qui broient les corps et les droits, c’est tout le projet social qui se dilue. On ne devrait pas marchander l’accès aux biens communs. Encore moins transformer nos sociétés d’État en vitrines d’Amazonisation morale. La SAQ n’est plus un modèle : elle devient complice.

Cette entente n’est pas isolée. Elle s’inscrit dans une longue chaîne de reculs orchestrés : privatisations en douce, compressions maquillées en « efficacité », miettes de services pour les plus voué·es à la marge. Et toujours, le gouvernement qui sert les intérêts des puissants sous couvert de « liberté de choix » — tout en piétinant les syndiqué·es, les précaires, les jeunes en colère. Ce n’est pas une erreur de parcours, c’est une stratégie de classe.

Mais nous voyons clair. Ce n’est pas une bouteille de vin qui est livrée : c’est un fragment d’un État bradé, poussé à vélo dans la tempête du libre marché. Livreur·euse après livreur·euse, système après système, le Québec s’épuise à vouloir plaire aux actionnaires. Et pendant ce temps, les mouvements s’organisent. Dans les rues, dans les syndicats, dans les rues encore. C’est là que la riposte fermente. Santé solidaire, pas santé spéculative.

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