Parse-clean-Single-post12.item_.json_.imageName-1-203

Montréal et ses eaux usées : une bombe écologique et sociale

À Montréal, près de cinquante milliards de litres d’eaux usées non traitées ont été déversés dans nos cours d’eau en 2023. Et devinez quoi ? Ce n’est pas une erreur. C’est systémique. C’est accepté. C’est budgété. Pourtant, ces fuites toxiques ne sont pas qu’une histoire de tuyaux éclatés, mais de priorités pourries. Quand les élus préfèrent repeindre les abribus plutôt que réparer les bassins d’épuration, c’est toute une ville qui s’intoxique à petit feu.

Ces rejets ne sont pas que des statistiques : ce sont des bactéries dans vos lacs, des nitrates dans la gorge des enfants et des écosystèmes qui s’effondrent en silence. Le fleuve Saint-Laurent, cette artère vitale qu’on prétend aimer, devient cloaque pour multinationales et négligence institutionnelle. Et si vous habitez dans Montréal-Nord ou à Parc-Extension, vous êtes deux fois plus à risque de vivre à côté de ces zones de déversements. L’injustice environnementale ici suinte comme une canalisation trouée.

Mais il ne s’agit pas que de pollution : il s’agit de choix politiques. Chaque budget qui n’alloue qu’un dollar sur dix à l’infrastructure écologique est un aveu de court-termisme suicidaire. Chaque maire qui promet des « ajustements » au lieu d’un engagement de rupture est complice d’un futur invivable. On ne colmate pas une digue en papier avec de la peinture verte. Il faut démolir pour reconstruire, pas verdir la merde.

Les quartiers populaires trinquent pendant que les arrondissements riches profitent de berges propres et de piscines chauffées. C’est ça, l’apartheid écologique : une géographie de la contamination, dessinée par des décennies de gestion raciste, capitaliste et colonialiste des ressources urbaines. On ne parle pas ici d’accidents climatiques, mais de décisions bureaucratiques meurtrières. Éco-fascisme soft, mais réel.

Il est temps de désobéir. De sortir les pancartes, de bloquer les portes de l’hôtel de ville, d’exiger un traitement digne de l’eau comme du peuple. Parce qu’une ville qui crache dans son fleuve, c’est une ville qui urine sur l’avenir. Pour transformer cette crasse en clarté, il faudra une écologie populaire, radicale, intersectionnelle. Le changement ne viendra pas d’un comité consultatif : il viendra d’un soulèvement qui refusera de boire la merde des puissants.

PARTAGER CET ARTICLE