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Pannes du REM et urgence climatique: éditorial engagé

Encore un week-end sans REM. Encore des milliers de vies en suspens, dans le froid, sur des quais vides comme les promesses électorales. Chaque interruption du Réseau express métropolitain n’est pas qu’un retard de plus — c’est un signal d’alarme strident qu’on choisit d’ignorer. Le REM devait être une étincelle verte dans le béton gris; il devient le miroir brisé d’une transition écologique bricolée, faite de demi-mesures et de dysfonctionnements répétitifs.

« C’est comme si on voulait me décourager d’abandonner ma voiture », lâche Sarah, étudiante en environnement, croisée à la gare Du Quartier. Ce sentiment plane partout. Désillusion, colère, fatigue logistique. Les pannes du REM ne tombent pas du ciel: elles germinent dans une culture du sous-financement structurel du transport collectif. Chaque gouvernement qui bricole plutôt que de bâtir trahit l’urgence climatique. Et pendant ce temps, le pétrole roule à plein régime, subventionné sous tous les angles.

Les citoyen·nes ne manquent pas d’imagination, seulement de moyens. Campagnes pour la gratuité intégrale, demandes d’expansion réelle du réseau, appels à des infrastructures résilientes. Mais ce que la classe politique offre en retour, ce sont des pubs vertes pendant les élections et des trains fantômes en hiver. Le REM, silencieux, devient alors un tombeau roulant de l’ambition écologique foulée au pied par une logique comptable court-termiste.

Cette fermeture hivernale du REM n’est pas un incident technique, c’est un symptôme. Celui d’un abandon latent de la lutte climatique au nom de la rentabilité. Combien d’années encore allons-nous tolérer la lente asphyxie de la mobilité durable pendant que les autoroutes s’élargissent et que l’avion de luxe redécolle ? Le climat n’attendra pas qu’on trouve « la bonne formule ». Il gronde déjà, et chaque minute sans transport collectif fonctionnel nous enchaîne un peu plus à l’autoroute de l’effondrement.

Il est temps de cesser de soigner les symptômes et d’attaquer le système. Il nous faut un plan radical, urgent, populaire et financé pour une mobilité verte et juste. Pas demain. Pas après les prochains dépassements de budget. Maintenant. Car pendant que le REM s’efface, c’est notre avenir collectif qui se retrouve sur le quai, gelé et sans direction.

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