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Pénurie de transformateurs: Hydro-Québec freine la transition énergétique

Au moment où la planète brûle et que chaque mégawatt compte, Hydro-Québec se heurte à une crise de transformateurs électriques — et ce n’est pas seulement une pénurie technique, c’est une démonstration brute de l’échec politique. Derrière les chiffres, c’est l’avenir énergétique du Québec qui stagne, freiné non par la science, mais par l’inertie d’un État qui a troqué sa vision pour des échéanciers Excel. Moins de transformateurs, c’est moins de projets verts, moins de solutions locales, moins de justice climatique. Et toujours plus de promesses en powerpoint.

Cet effondrement, lent comme une chute au ralenti, n’a rien d’imprévisible. Depuis des années, les syndicats, les militant·e·s écologistes, les ingénieur·e·s tirent la sonnette d’alarme : sous-financement chronique, dépendance aux appels d’offres privés, absence de planification à long terme. Mais on préfère écouter les firmes de conseil que les communautés de terrain. Résultat ? Des maisons en attente de branchement vert, des écoles bloquées, et des projets collectifs gelés comme les lignes de transmission en janvier.

Ce cafouillage logistique est une métaphore de l’austérité habillée en gestion responsable. Réduire les budgets publics, déréglementer et centraliser les décisions, c’est ouvrir la voie aux crises de demain. Une société qui se dit verte mais ne peut même pas fournir les outils de base pour son virage énergétique est une société en faillite écologique. La pénurie de transformateurs n’est pas une fatalité : c’est une trahison planifiée par les coûts-bénéfices d’un capitalisme d’État sans courage ni cœur.

Dans Hochelaga ou en Gaspésie, ce sont les personnes ordinaires qui paient le prix. Dominic, 34 ans, installé avec sa coop en autonomie énergétique, voit son projet suspendu. “On nous dit que ça va sauver la planète, mais on attend depuis 9 mois qu’Hydro fasse le branchement.” Pendant que les grands barrages vendent à rabais aux minières, les citoyens restent dans le noir, à reporter leurs rêves d’indépendance énergétique. Et les politicien·ne·s, eux, continuent leurs conférences de presse éclairées à grands coups de promesses creuses.

Il est temps de rappeler que l’électricité ne devrait pas être un business, mais un bien commun. Nationalisée ne veut pas dire négligée. Hydro-Québec doit revenir à sa mission première : servir le peuple, pas les profits. La transition énergétique ne survivra pas à des chaînes d’approvisionnement cassées et des gouvernements tièdes. Ce qu’il nous faut, c’est un plan radical, planifié, populaire : plus de production décentralisée, plus de main-d’œuvre formée, et un engagement clair à sortir l’infrastructure des griffes du marché. Sans ça, pas de lumière au bout du fil.

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