Dans l’ombre dorée des gratte-ciel, l’élite se sait intouchable. Pendant que des mères célibataires se font expulser pour une facture d’Hydro en retard, Donald Trump signe le pardon d’un milliardaire reconnu coupable de fraude boursière. Joe Lewis, vieil ami du pouvoir, échappe à la prison comme on glisse sur une patinoire privée. Plus choquant encore : face aux révélations révoltantes des courriels d’Epstein, Trump répond avec un sourire carnassier — « j’ai un pays à gérer ». Traduction : l’État, c’est moi. La justice ? Un accessoire de gala que l’on range à l’abri du monde réel.
Il y a deux justices. L’une, brutale, se rue sur les petits, les racisés, les précaires. L’autre, satinée, s’efface sagement devant les puissants, les amis, les hommes blancs aux comptes suisses bien garnis. Epstein n’était pas une erreur du système — il en était un rouage. La proximité entachée entre pédocriminels, politiciens et financiers révèle une vérité glaçante : leurs crimes ne dérangent que lorsqu’ils deviennent publics. Jusqu’à ce moment, ils sont des secrets bien gardés, protégés par des avocats à cinq zéros et des présidents complices.
Trump, encore une fois, joue la montre et la nation comme un Monopoly. À ceux qui dénoncent l’impunité, il répond des promesses creuses, des chèques électoralistes jetés comme des os aux chiens. Réformer les institutions ? Trop risqué. Tenir les oligarques pour responsables ? Impensable. Il préfère maquiller le cadavre de la démocratie avec des slogans vides, pendant que les vrais changements s’enlisent dans la boue des lobbies et des donations de campagne.
Mais la rue gronde. Sur les murs des villes, des tags crient « justice pour les survivant·es », « vos palais sont des prisons ». Les gens ne sont pas dupes. Ils voient les juges fermer les yeux, les médias corporatistes détourner le regard, les coupables signer des deals au golf. L’indignation n’est pas une mode passagère. C’est un feu qui couve, une pluie de colère qui ne demande qu’un éclair pour tomber. Dans les mobilisations, dans les voix des jeunes, dans la rage des oubliés, une vérité surgit : ce système ne se réforme pas, il se renverse.
La démocratie ne survivra pas si elle continue de protéger les loups et d’abandonner les agneaux. Une société viable se construit sur l’équité, pas sur les deals entre vieux copains millionnaires. Ce que nous exigeons est simple et radical : la fin de l’impunité. L’abolition de ce monde à deux vitesses. La justice, pas comme façade fragile, mais comme socle solide où chacun·e, riche ou pauvre, répond de ses actes. Parce que tant que les puissants volent, violent et violent notre confiance sans conséquences — c’est toute l’idée de justice qui crève en silence.





