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Roxane Milot chez Québec solidaire: relais féministe inclusif

Certains visages incarnent mieux que d’autres les transitions historiques. Roxane Milot, fraîchement choisie pour succéder à Manon Massé dans Sainte-Marie–Saint-Jacques, en est un. À 33 ans, la militante queer et cheffe de file du comité national féministe de Québec solidaire (QS) incarne une relève assumée, audacieusement intersectionnelle. Formée dans les mouvements étudiants et actifs dans le communautaire depuis plus d’une décennie, Milot arrive avec un CV d’activisme bien rempli — mais aussi une posture politique taillée pour conjuguer les héritages et les défis d’une époque en mutation.

Si la toge de Massé semble lourde à porter, Milot ne s’en détourne pas : elle en épouse la fibre féministe et égalitaire tout en promettant de faire évoluer QS vers « une solidarité plus inclusive et décoloniale ». C’est là que le style tranche — plus horizontal, génération Z, davantage branché sur les nouveaux codes des luttes sociales. « Roxane a cette capacité à parler aux jeunes femmes racisées, aux personnes trans et aux laissés-pour-compte de la gauche traditionnelle », observe une militante du quartier. Le passage de témoin ne signifie donc pas un simple maintien du cap, mais le début d’un élargissement stratégique du récit solidaire.

Et des récits, Milot sait les tresser. Dans une époque où la droite grignote ici comme ailleurs — du Rassemblement national en France aux conservateurs québécois, en passant par Javier Milei en Argentine — la gauche ne peut plus se contenter de slogans léchés. QS, fragilisé électoralement mais solide dans ses bases urbaines, joue sur la corde raide : parler aux marges sans se débrancher du reste du peuple. Milot peut être ce chaînon, si elle réussit à faire le pont entre écologie populaire, féminismes militants et les urgences sociales criantes comme la crise du logement ou l’accès aux soins au féminin.

Du côté de la base, les réactions oscillent entre espoir vibrant et vigilance. Plusieurs militantes du Réseau des femmes solidaires, par exemple, saluent « un choix courageux », mais rappellent l’importance « d’un féminisme qui reste ancré dans le terrain ». Traduction : il faudra passer des beaux discours à des stratégies de terrain concrètes. Les mouvements anti-extractivistes, les coalitions LGBTQ+ et les défenseurs des travailleuses précaires, tous très actifs dans le Plateau et Centre-Sud, attendent des gestes forts, pas seulement des symboles.

Milot devient ainsi bien plus qu’une candidate : elle représente un test grandeur nature pour l’avenir d’une gauche féministe, queer et inclusive dans un Québec qui doute, tangue, cherche des repères. Si elle parvient à faire entendre une voix claire dans le vacarme politique actuel, elle pourrait ouvrir une brèche pour toute une nouvelle génération de militantes — de Hochelaga à Tunis, en passant par Valparaíso. Car oui, être une femme politique en 2026, c’est jouer sur plusieurs tableaux, souvent à contre-courant, mais toujours avec cette idée que la justice — comme la solidarité — n’a pas de frontières fixes.

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