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Solidarité face à l’autoritarisme mondial : l’heure de choisir

En cette fin d’année suffocante de 2025, il y a des signes qui ne trompent plus. Les visages que l’on croyait hétérogènes — Trump, Nétanyahou, Carney — convergent pour composer le même opéra autoritaire, dissonant mais organisé. L’un crie au retour de la grandeur, l’autre bombarde au nom de la sécurité, le troisième promet un capitalisme aux allures humaines – tout en gardant la main sur les leviers de la finance mondialisée. Sous des dehors variés, ces figures incarnent une même matrice : celle d’un pouvoir sans limite, consolidé par la peur, l’exploitation et une technocratie cynique. La domination, aujourd’hui, s’habille en pragmatisme, mais son odeur est celle de la vieille brutalité.

Cet autoritarisme ragaillardi, qui se donne des airs de nécessité historique, avance rapidement, porté par une droite décomplexée et par un capital financier militarisé. Il réduit la démocratie à des procédures vidées de sens, criminalise les résistances locales et rend suspect l’idéal même de justice. Devant cela, il serait moralement obscène et politiquement suicidaire de se réfugier dans la neutralité. Il ne s’agit plus seulement de débattre ; il s’agit de choisir un camp. Non pas celui de l’idéologie, mais celui du tissu déchiré qu’il nous faut recoudre : dignité humaine, égalité réelle, et respect planétaire. Une trame fragile que seuls les fils de la solidarité peuvent reforger.

Car à contre-courant de cette montée cynique, des alternatives existent. Elles ne tonnent pas sur les plateaux télé, mais vibrent dans les grèves féministes, les ZAD rurales, les mairies désobéissantes, les coopératives numériques. C’est là, dans les marges que les pouvoirs voudraient étouffer, que palpite encore la démocratie vivante : celle qui écoute avant d’ordonner, qui répare plutôt que d’imposer. L’État social, moqué, attaqué, démantelé, demeure pourtant notre plus grande invention collective pour endiguer la sauvagerie du marché. Lui redonner vigueur, c’est redevenir adultes politiquement, refusant d’échanger notre destin contre des dividendes ou des drones.

Il faudrait aussi se rappeler que la justice climatique n’est pas une utopie pour rêveurs naïfs, mais la forme contemporaine de la justice sociale. Ce que nous faisons à l’atmosphère, nous le faisons aux pauvres, aux femmes, aux peuples indigènes — à la possibilité d’un avenir vivable. Tout discours politique qui omet cette dimension, ou pire, la relègue à la décoration, est un mensonge. Les droits humains, quant à eux, ne sont pas à géométrie géopolitique variable. Les invoquer à Gaza et à Guantanamo, au Xinjiang comme à Calais, c’est renouer avec une éthique sans frontières, qui ne confond jamais loi et légitimité.

Alors pour 2026, osons proposer autre chose qu’une gestion du désastre : une boussole. Une direction claire. Solidité dans les valeurs, souplesse dans les formes. Solidarité comme cap reconstruit, pas simple slogan. Cela suppose d’écouter ceux qu’on n’entend pas, de désapprendre nos privilèges, d’inventer ensemble sans chef. C’est moins spectaculaire qu’un coup d’État algorithmique, mais infiniment plus nécessaire. Car il ne s’agit plus seulement de survivre à ce monde, mais de le retrouver habitable, digne de nous.

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