Camille_2025-11-18_sous_les_dorures_le_desert_social

Sous les dorures, le désert social

Ils appellent ça un budget « stratégique pour le climat », mais c’est une mascarade construite sur des cendres. L’État libéral, fidèle à sa logique de vitrine, repeint les murs pendant que le sol s’effondre. Le dernier budget fédéral prolonge la longue tradition des demi-mesures et des non-décisions. Des milliards pour séduire les marchés, des miettes pour loger ceux qui dorment dans le froid, rien pour décoloniser les terres pillées ni réparer les vivants. Le vernis vert cache un cœur mort, un État devenu machine à profits pour les mêmes, toujours les mêmes.

La Loi C-5, soi-disant levier pour l’investissement vert, est en réalité un cheval de Troie législatif : elle donne aux mégaprojets industriels une autoroute, sans feux rouges, pour saccager les territoires et exclure les communautés. Fini les évaluations environnementales robustes, finie la consultation publique réelle. Les peuples autochtones ? Relayés au silence. Les jeunes en lutte contre l’asphalte et le pétrole ? Ignorés. En donnant le pouvoir aux multinationales sous prétexte d’alignement climatique, le gouvernement trahit tout ce que le mot démocratie peut encore signifier.

Ce gouvernement ne gouverne plus : il gère les attentes du capital. Il parle inclusion et diversité tout en laissant les travailleurs précaires s’enfoncer dans la dette et les loyers délirants. Il célèbre la transition écologique en finançant des pipelines. Il nous dit participation démocratique pendant qu’il musèle les activistes, criminalise les occupations, et laisse la police militarisée défendre des chantiers illégitimes. Cette hypocrisie suinte à chaque ligne de la feuille de route libérale. On ne veut plus de cette démocratie creuse — on veut des racines, de la terre, du concret partagé.

Il est temps de reprendre la voix. Pas celle des urnes vidées de sens, mais celles des manifs, des assemblées de quartier, des campements de survie et des réseaux de solidarité. C’est là que bat le cœur d’une démocratie populaire réelle : où les décisions se prennent collectivement, où les intérêts communautaires écrasent ceux des lobbys. Les jeunes, les locataires, les familles oubliées, les soignants exténués, les communautés autochtones en lutte : c’est ensemble qu’on construira autre chose. Autrement. Contre la technocratie glacée et les marchés insatiables, il faut opposer des solidarités chaudes, désordonnées et vivantes.

Nous ne voulons plus d’un pouvoir qui bétonne les espoirs pour couler les dividendes. Nous voulons une politique qui pousse comme les arbres : enracinée, collective, indomptable. La « stratégie climatique » actuelle est une promesse trahie, un outil d’injustice et un masque pour l’inaction. Exigeons plus. Réclamons une révolution démocratique, sociale et écologique. Pas demain, pas aux prochaines élections, mais ici, ensemble, maintenant.

PARTAGER CET ARTICLE