Donald Trump vient d’achever ce que le pétrole avait commencé : démolir ce qu’il restait du Clean Power Plan, dernière esquisse d’une politique climatique fédérale aux États-Unis. Sous couvert de « liberté énergétique », il remet les clés du climat entre les mains d’Exxon, Koch et consorts. Tout cela pendant que la planète brûle, et que les pauvres suffoquent. C’est un sabotage autorisé, orchestré au cœur d’une démocratie séquestrée par les profits privés.
Les victimes ? Toujours les mêmes. Les communautés afro-américaines de Louisiane, les fermiers latinx du Nouveau-Mexique, les peuples autochtones obligés de défendre chaque mètre carré contre les pipelines. Trump ne raye pas juste un plan sur du papier : il condamne à l’asphyxie toute une génération déjà étranglée par les tempêtes, les incendies, les inondations. Dans les quartiers sans climatiseurs, l’été devient meurtrier. Et la pollution tue plus sûrement que les balles de la police.
À l’international, la déflagration est ressentie comme une claque dans les visages déjà endeuillés par les inactions climatiques. Des accords bafoués, des promesses trahies, des écosystèmes détruits au nom du « business as usual ». Pendant que les pays du Sud subissent l’apocalypse climatique que le Nord a causée, Trump tourne le dos à toute solidarité planétaire. L’Amérique creuse encore le puits où l’humanité pourrait bien se noyer.
Mais la jeunesse ne se tait pas. Dans les rues de New York à Oakland, des lycéen·ne·s brandissent des pancartes comme des poings levés : « Le futur ne se négocie pas avec Total » ou « Pas de planète, pas de profit ». Greta a lancé l’étincelle, mais des milliers prennent le relais. Les Fridays for Future, les Sunrise Movement, les collectifs écoféministes montent en première ligne alors que les institutions reculent. C’est une insurrection verte, populaire, multicolore, irrévérencieuse. Et vitale.
L’heure n’est plus à mendier des miettes de réforme dans des parlements sous influence pétrolière. Il faut déraciner le système, pas le repeindre en vert. Si Trump ravage, construisons. Si l’État déserte, organisons. Nos utopies sont plus puissantes que leurs barils. Le vrai plan de puissance, il est dans les ZAD, les jardins partagés, les coopératives énergétiques, les blocages d’oléoducs. Alors brûlons les illusions fossiles. Et rallumons la lutte.





