L’image est crue : une multinationale géante tourne le dos à son partenariat de batteries électriques, laissant derrière elle une promesse creuse de transition écologique. Stellantis compte se retirer du projet avec Samsung, quelques années après avoir annoncé à grands renforts de slogans qu’elle alimenterait l’avenir « zéro émission ». Pendant que les investisseurs font leurs comptes, les ouvrier·ères d’une éventuelle méga-usine restent sans avenir. Le capital, lui, continue à rouler à pleine vitesse sur l’autoroute de la spéculation. Le climat, lui, crame.
Ce rétropédalage met en lumière l’échec structurel de la logique de marché face à la crise climatique. On ne sauvera pas la planète avec des plans d’affaires et des actionnaires frileux. Quand aucune règle ne force les géants de l’auto à honorer leurs engagements verts, leur seule boussole reste le profit. Le résultat est prévisible : investissement fantôme, emploi sacrificiel et transition reportée. On est supposé·e·s croire à la magie verte, pendant que l’industrie retourne fissa aux moteurs diesel. Hypocrisie en série – édition limitée.
C’est le moment de nommer ce qui se passe : du greenwashing industriel à grande échelle. Car derrière les logos verts et les visuels léchés de voitures silencieuses se cache une incapacité structurelle à sortir du modèle extractiviste. Tant que l’électrique est piloté par la logique capitaliste, il n’est qu’un nouveau terrain de jeu pour les spéculateurs, pas une solution pour l’avenir. Une ouvrière du secteur me confiait la semaine dernière : « On nous parle d’évolution technologique, mais ce qu’on voit, c’est une éviction silencieuse. »
Cette volte-face de Stellantis, ce n’est pas juste une affaire de batteries : c’est un signal d’alarme. Il hurle qu’on laisse aux multinationales le rôle de chef d’orchestre quand il faudrait une révolution populaire. Il crie que les gouvernements, trop lâches pour imposer des obligations fermes, abandonnent la planification écologique à ceux qui détruisent la planète depuis des décennies. C’est absurde. C’est irresponsable. Et c’est dangereux. Car aux rendez-vous manqués de l’histoire, il n’y aura pas de seconde chance climatique.
Face à cet abandon, notre voix doit se lever : pour une transition juste, publique, guidée par les besoins et les vies, pas les dividendes. Il faut arracher des mains du privé les clés de l’avenir et bâtir une politique verte ancrée sur la justice sociale. Parce que chaque usine vide fait écho à un cœur ouvrier qui bat dans le vide. Et parce qu’un monde vivable ne se négociera jamais sur les marchés boursiers. Nationaliser l’électrique. Organiser l’écologie. Et redonner du pouvoir aux travailleurs et travailleuses : voilà la seule route possible.





