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La contagion mondiale du décret Trump anti-inclusion

Le nouveau décret Trump, qui conditionne les contrats fédéraux à l’abandon de toute politique DEI, fait des vagues bien au-delà de Washington. Depuis hier, plusieurs ONG internationales me confient voir affluer des messages paniqués de partenaires en Afrique australe, en Europe centrale ou encore en Amérique du Sud. « Quand les États-Unis basculent, les imitateurs suivent », m’expliquait ce matin une responsable de Minority Rights Group, rappelant que les précédents cycles conservateurs américains avaient déjà déclenché des reflux mondiaux en matière de droits sociaux.

Cette fois, la dynamique semble presque instantanée. À Varsovie, un député nationaliste a immédiatement salué le décret comme « preuve que l’Occident revient à la raison ». À Buenos Aires, un conseiller du gouvernement libertarien a tweeté que la Maison-Blanche « ouvre enfin la voie à la dépolitisation des entreprises ». On croirait assister à une tournée internationale d’un même argumentaire, copié-collé, dont chaque pays adapte la grammaire à ses obsessions identitaires locales.

Les diasporas nord-africaines, latino-américaines ou africaines avec lesquelles j’ai pu échanger perçoivent déjà l’impact concret : recrudescence d’incidents racistes en milieu professionnel, glissements dans les discours médiatiques, et surtout peur de perdre les maigres mécanismes de protection durement acquis. Une militante tunisienne installée à Atlanta me racontait comment, dès l’annonce du décret, certains collègues ont ironisé sur son « quota bonus », comme si le signal politique américain légitimait brusquement les micro-agressions.

Pour les ONG présentes sur plusieurs continents, le phénomène n’est pas qu’idéologique : il est logistique. Des organisations des droits humains basées à Nairobi ou Bogotá affirment déjà craindre une contraction de financements internationaux liés à l’inclusion, souvent indexés sur les priorités américaines. Selon un rapport préliminaire d’Amnesty International, l’effet domino pourrait frapper en priorité les programmes de formation anti-discrimination, vitaux pour les communautés marginalisées dans les pays où l’État reste absent ou hostile.

En Europe, le recul des politiques inclusives n’est pas nouveau — on pense aux réformes hongroises ou aux coupes en Espagne — mais l’impulsion américaine donne une sorte de vernis global à cette offensive. En Amérique du Sud, où les mouvements anti-droits sont puissants et bien financés, le décret de Washington apparaît comme un encouragement tacite. Ce moment mondial confirme une vérité que les diasporas connaissent trop bien : les décisions prises dans les capitales du Nord circulent, mutent et finissent toujours par retomber sur les mêmes épaules, celles des minorités qui traversent déjà les frontières avec plus de vulnérabilité que de bagages.

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