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Impunité industrielle à Montréal : Herbert Black et la scrap

Herbert Black respire l’argent sale. Pendant que les poumons des riverains de son empire de ferraille à Montréal avalent les particules toxiques, le magnat encaisse les profits d’une industrie qui se moque éperdument de la santé publique. Son site industriel, théâtre d’un incendie majeur il y a quelques années, continue de cracher sa pollution dans l’air du quartier, pendant que la Ville joue à la bataille juridique sans jamais vraiment mordre. C’est l’histoire classique d’un système qui protège mieux les comptes en banque que les corps humains : l’intérêt privé contre l’intérêt public, et devinez qui gagne?

Les résidents du secteur vivent dans l’angoisse permanente. Le bruit infernal des broyeurs qui déchirent le métal jour et nuit, les odeurs âcres qui s’infiltrent par les fenêtres, la poussière métallique qui se dépose sur les balcons et dans les cours d’école. Mais surtout, cette peur viscérale d’un nouvel incendie géant qui transformerait encore une fois leur quartier en zone sinistrée. Les témoignages s’accumulent : problèmes respiratoires chez les enfants, maux de tête chroniques, anxiété constante. Pendant ce temps, Black et son empire continuent leurs opérations comme si de rien n’était, protégés par une réglementation municipale aussi molle qu’une vieille éponge.

Le bras de fer entre la Ville de Montréal et le magnat de la ferraille révèle l’impuissance calculée des pouvoirs publics face aux grands pollueurs. Oui, il y a eu des avis de non-conformité, des menaces de fermeture, des promesses de sévir. Mais concrètement? Le site tourne toujours à plein régime. La municipalité dispose pourtant d’outils légaux pour agir : zonage, inspection environnementale, ordonnances d’urgence. Mais quand les profits industriels sont dans la balance, le courage politique fond comme neige au soleil. On préfère négocier, temporiser, donner encore une chance au pollueur multirécidiviste plutôt que de trancher dans le vif.

Ce dossier n’est pas un cas isolé, c’est le symptôme d’une complaisance systémique envers les activités sales et rentables. Partout au Québec, des industries extractives, chimiques ou de transformation bénéficient d’une indulgence coupable parce qu’elles créent de l’emploi ou génèrent des revenus fiscaux. La logique est perverse : on tolère l’intolérable au nom de l’économie, comme si les poumons des travailleuses et des enfants étaient un sacrifice acceptable sur l’autel du PIB. Herbert Black n’est que la version montréalaise d’un problème beaucoup plus vaste : l’impunité industrielle comme modèle de gouvernance.

Les citoyens, eux, réclament ce que le système refuse : un vrai contrôle environnemental avec des dents. Pas des rapports enterrés dans les tiroirs bureaucratiques, pas des consultations publiques bidon où les dés sont pipés d’avance. Un mécanisme de surveillance indépendant, des sanctions immédiates et proportionnelles, le pouvoir citoyen de déclencher des inspections et des fermetures. Tant que les Herbert Black de ce monde pourront acheter leur tranquillité avec des avocats et des lobbyistes, rien ne changera. Il est temps de choisir : veut-on protéger les profiteurs de la pollution ou la santé de nos communautés? La réponse devrait être évidente, mais visiblement, pour nos élus, elle ne l’est pas encore assez.

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