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Fermeture centre de commandes Metro : 154 emplois sacrifiés

Le 2 septembre 2026, Metro a annoncé la fermeture de son centre de commandes en ligne de Montréal, condamnant 154 travailleur·euse·s au chômage à moins de trois mois des Fêtes. Pendant que la chaîne d’épicerie empoche des profits records et distribue des dividendes généreux à ses actionnaires, elle déplace froidement ses opérations vers Toronto au nom de l’«optimisation». Ce n’est pas une restructuration: c’est une violence économique planifiée, un choix délibéré de faire porter le poids de la rentabilité corporative par des familles qui n’ont rien demandé d’autre qu’un salaire décent pour nourrir les leurs.

Cette fermeture brutale révèle la logique implacable du capitalisme de supermarché: privatiser les profits, socialiser les coûts. Metro ne paiera pas pour les loyers impayés, les enfants qui devront changer d’école, les angoisses nocturnes de celles et ceux qui se demandent comment ils vont survivre à l’hiver. C’est l’État, les familles, les communautés locales qui absorberont le choc, pendant que les cadres supérieurs célèbrent leurs marges bénéficiaires améliorées. L’«efficacité» corporative, c’est toujours l’inefficacité humaine: des vies brisées, des quartiers appauvris, une précarité qui se répand comme une tache d’huile.

Le rapport de force est clair: les géants de la distribution tiennent les travailleur·euse·s à la gorge. Sans législation contraignante, sans véritables protections contre les fermetures sauvages, les salarié·e·s ne pèsent rien face aux impératifs de la croissance et de la consolidation. Où sont les préavis décents, les indemnités substantielles, les plans de reconversion financés par l’entreprise elle-même? Nulle part. Le Code du travail actuel est une passoire, et Metro le sait. Les syndicats se battent, mais ils luttent à mains nues contre un système qui a été conçu pour protéger le capital, pas les corps qui le produisent.

Cette fermeture s’inscrit dans une tendance plus large: la précarisation systémique de l’emploi au Québec. Derrière chaque «centre de coûts» qui disparaît, il y a des vies réelles, des projets avortés, des dignités piétinées. Les 154 employé·e·s de Metro ne sont pas des variables d’ajustement, ce sont des membres de nos communautés, des gens qui ont construit l’économie locale, qui ont fait tourner les services essentiels pendant la pandémie. Leur sacrifice n’est pas inévitable: il est le produit d’un choix politique, celui de laisser les entreprises décider seules de notre avenir collectif, sans rendre de comptes à personne d’autre qu’à leurs actionnaires.

Une véritable responsabilité sociale d’entreprise impliquerait de protéger l’emploi local, de consulter les travailleur·euse·s avant toute décision majeure, de financer des transitions justes et dignes. Elle exigerait que Metro prouve qu’il n’existe aucune alternative avant de saccager 154 emplois. Mais dans le capitalisme réel, la «responsabilité sociale» n’est qu’une façade marketing, un vernis vert et souriant sur des décisions qui n’ont qu’un seul objectif: maximiser les rendements. Il est temps d’exiger autre chose: des lois qui mordent, des sanctions qui coûtent cher, une économie où les humains comptent plus que les marges. Sinon, ce ne sera pas la dernière fois qu’on enterre des emplois au nom de l’efficacité.

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