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Inondations à Montréal : 409 M$ de ruines et inaction

Juin 2026 : Montréal se noie. Plus de 409 millions de dollars en dommages assurés, des milliers de sous-sols inondés, des commerces ravagés, des familles évacuées dans la nuit. Les pluies torrentielles qui ont frappé la métropole ne sont pas une anomalie, elles sont le signal d’alarme que nos gouvernements refusent toujours d’entendre. Pendant que les PDG d’assurances calculent leurs pertes, des familles entières, souvent locataires, souvent racisées, souvent pauvres, ramassent les morceaux d’une vie détrempée sans un sou de compensation. Cette facture de 409 millions, c’est la pointe visible d’un iceberg d’injustice : combien de pertes non assurées, de biens irremplaçables engloutis, de traumatismes psychologiques ignorés?

Nos infrastructures sont à genoux. Les égouts pluviaux de Montréal datent d’une époque où personne n’imaginait des déluges de 100 millimètres en quelques heures. Aujourd’hui, ces réseaux obsolètes crachent l’eau dans les rues, les parcs, les sous-sols. Pendant ce temps, les budgets municipaux sont asphyxiés par l’austérité néolibérale et les priorités vont ailleurs : des tours de condos, des projets autoroutiers, des subventions aux géants pétroliers. L’adaptation climatique? Un slogan creux dans les discours électoraux. La réalité, c’est qu’on préfère payer la facture des désastres que d’investir dans la prévention. C’est moins coûteux politiquement, paraît-il.

Ces inondations ne sont pas isolées. Elles s’inscrivent dans une séquence d’événements extrêmes qui se multiplient : canicules meurtrières, feux de forêt, tempêtes violentes. Le GIEC nous le crie depuis des décennies, les scientifiques québécois aussi : le climat se dérègle, et nous ne sommes pas prêts. Chaque désastre révèle notre vulnérabilité collective, notre incapacité à planifier au-delà du prochain cycle électoral. Pourtant, les solutions existent : infrastructures vertes, toits verts, bassins de rétention, déminéralisation des sols, rénovation des égouts. Mais elles exigent des investissements massifs, une vision à long terme et une redistribution des richesses vers les quartiers les plus exposés. Autant demander la lune au capitalisme.

Qui paie le prix fort? Toujours les mêmes. Les propriétaires précaires de Montréal-Nord, de Saint-Michel, de Pointe-aux-Trembles qui n’ont pas les moyens de s’assurer contre les inondations. Les locataires expulsés après que leur logement soit devenu inhabitable. Les petits commerces de quartier qui ferment définitivement parce que l’assurance ne couvre pas tout. Pendant ce temps, les quartiers riches s’équipent de systèmes de drainage privés, et les promoteurs immobiliers continuent de bétonner les zones humides. L’urgence climatique est aussi une urgence de classe : les riches se protègent, les pauvres se noient.

Il faut exiger des comptes. Que Québec et Ottawa débloquent immédiatement des fonds pour moderniser nos infrastructures hydrauliques. Que les municipalités imposent des normes strictes d’aménagement résilient. Que les profits des géants fossiles, qui nous ont plongés dans cette crise, soient taxés et redirigés vers l’adaptation et la réparation. Que les communautés touchées soient indemnisées sans conditions humiliantes. Les 409 millions de dollars de dommages assurés ne sont qu’un avant-goût de ce qui nous attend si nous ne changeons rien. La prochaine tempête est déjà en route. Serons-nous encore en train de compter les morts et les ruines, ou aurons-nous enfin le courage de bâtir un avenir viable?

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