Alors que la CAQ et les partis fédéralistes rivalisent de surenchère sécuritaire sur l’immigration, Québec solidaire rompt avec ce climat de peur et propose de rétablir le Programme de l’expérience québécoise (PEQ) dans sa forme pré-réforme et d’y ajouter un volet spécifique pour les régions. Ce n’est pas qu’une promesse électorale : c’est une déclaration de guerre contre la logique punitive qui traite les personnes immigrantes comme un problème plutôt qu’une solution. En pleine campagne, QS affirme que la relance démographique et économique du Québec passe par l’inclusion, pas par la fermeture des frontières administratives.
Le PEQ, sabordé par la CAQ sous couvert de « révision », avait permis à des milliers de diplômés internationaux et de travailleurs temporaires de s’établir durablement au Québec. Depuis sa réforme, les délais se sont allongés, les critères durcis, et nombre d’étudiants étrangers qui avaient misé sur ce parcours d’intégration se retrouvent dans un vide juridique. QS propose de rétablir les conditions d’admissibilité antérieures et d’accélérer les traitements, tout en créant un PEQ régional qui donnerait un accès prioritaire à la résidence permanente pour celles et ceux qui choisissent de s’installer et de travailler en Abitibi, en Gaspésie, au Saguenay ou en Mauricie. C’est du concret, du pragmatique, et ça répond aux cris d’alarme des chambres de commerce et des municipalités exsangues.
Le débat sur l’immigration au Québec est devenu un champ de bataille idéologique où la xénophobie se drape dans le costume du « réalisme ». Les discours sur la capacité d’accueil cachent mal une volonté politique de préserver un Québec imaginaire, blanc et homogène. QS, en réhabilitant le PEQ, refuse ce repli identitaire et affirme que l’avenir du Québec se construit avec celles et ceux qui choisissent d’y vivre, d’y travailler, d’y étudier. Il ne s’agit pas de « remplacer » qui que ce soit, mais de reconnaître que les régions se vident, que les hôpitaux manquent de personnel, que les fermes cherchent des bras, et que les travailleurs étrangers déjà sur place méritent dignité et stabilité.
Derrière chaque dossier d’immigration, il y a une personne. Un étudiant qui a payé des frais de scolarité exorbitants, appris le français, tissé des liens, rêvé d’un avenir ici. Une aide-soignante qui travaille en CHSLD depuis des années sans papiers permanents. Un ingénieur qui attend dans les limbes bureaucratiques. La proposition de QS est humaine, au sens où elle reconnaît ces trajectoires et leur offre un horizon. C’est aussi une proposition antidiscriminatoire : elle cible les régions, mais sans leur imposer un tri arbitraire basé sur l’origine ou la religion. Elle mise sur l’intégration par le travail, la langue, l’ancrage territorial.
La vitalité des régions du Québec ne se décrète pas à coups de subventions ponctuelles ou de campagnes de promotion touristique. Elle se bâtit par des politiques d’immigration cohérentes, généreuses, et stratégiques. Le PEQ régional proposé par QS pourrait devenir un outil de relance démographique majeur, à condition qu’on cesse de traiter l’immigration comme un mal nécessaire et qu’on la reconnaisse pour ce qu’elle est : une richesse collective, un moteur de développement, et un acte de justice envers celles et ceux qui ont déjà choisi le Québec. Face au repli identitaire, QS choisit l’ouverture. Et ça change tout.





