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Taxe sur les gains en capital : QS contre la spéculation

Québec solidaire vient de jeter un pavé dans la mare fétide de la spéculation immobilière : une taxe de 100 % sur les gains en capital pour ceux qui transforment nos quartiers en machines à cash. Oui, vous avez bien lu. Cent pour cent. Autrement dit, si vous achetez un immeuble pour le revendre quelques années plus tard en empochant des centaines de milliers de dollars pendant que des familles dorment dans leur auto, l’État récupérerait l’entièreté de votre profit obscène. La proposition fait hurler les éditorialistes et les propriétaires de portefeuilles immobiliers, mais elle nomme enfin l’éléphant dans la pièce : le logement n’est pas une action en bourse, c’est un droit humain. Et quand ce droit est piétiné par une minorité de rentiers, la radicalité devient une question de survie collective.

La crise du logement au Québec n’est pas un accident météorologique. C’est le résultat direct d’un système qui permet à des investisseurs de traiter des immeubles comme des jetons de poker. Pendant que les loyers explosent, que les évictions se multiplient et que les jeunes familles se font chasser vers les banlieues lointaines, une poignée d’individus et de fonds d’investissement empochent des profits indécents. Québec solidaire propose simplement de mettre fin à cette ponction parasitaire. Leur message est clair : si vous voulez spéculer, allez jouer à la bourse, pas avec les toits au-dessus de nos têtes. Cette mesure vise directement ceux qui flippent des immeubles comme des crêpes, pas les propriétaires occupants ni même ceux qui louent honnêtement sans chercher à extraire chaque goutte de sang de leurs locataires.

Les critiques ne tardent jamais. On nous dira que c’est « excessif », que ça va « décourager l’investissement », que c’est « punir le succès ». Mais parlons franchement : quel succès? Celui d’avoir eu le capital de départ pour acheter pendant que d’autres trimaient? Celui d’avoir surfé sur une bulle spéculative alimentée par des politiques complaisantes? La véritable question n’est pas de savoir si la mesure est « excessive », mais si l’on accepte encore longtemps que des gens s’enrichissent en précarisant des milliers de familles. La radicalité de la proposition répond à la radicalité de la crise : quand des mères monoparentales consacrent 70 % de leurs revenus au loyer, quand des étudiants dorment dans leur char, l’excès n’est pas du côté de ceux qui proposent des solutions, mais du côté de ceux qui défendent le statu quo.

Il est temps de trancher entre deux visions irréconciliables : celle qui fait du logement une marchandise sur laquelle on peut spéculer librement, et celle qui en fait un besoin fondamental que la collectivité doit garantir. Les propriétaires spéculatifs défendent leurs intérêts privés, c’est leur droit. Mais l’intérêt social, celui de loger dignement tout le monde, doit primer. Ce n’est pas une question de morale abstraite, c’est une question de choix politique concret. Soit on laisse le marché décider qui mérite un toit, soit on reprend collectivement le contrôle sur ce bien essentiel. Québec solidaire choisit le camp des locataires, des jeunes, des précaires, de tous ceux qui paient le prix de cette fièvre immobilière dont ils ne récoltent jamais les fruits.

L’immobilier n’est pas un casino. Les appartements ne sont pas des jetons, les quartiers ne sont pas des tables de jeu, et nos vies ne sont pas des mises. Cette proposition de taxation à 100 % marque une rupture nécessaire avec des décennies de complaisance envers les rentiers. Elle pose une question simple mais fondamentale : à qui appartient la ville? À ceux qui y vivent, y travaillent, y élèvent leurs enfants? Ou à ceux qui la considèrent comme un placement financier parmi d’autres? La réponse de Québec solidaire est sans équivoque, et elle devrait inspirer tous les mouvements progressistes : le droit au logement n’est pas négociable, et ceux qui en font commerce doivent être neutralisés. C’est radical? Oui. C’est juste? Absolument. Et c’est exactement ce dont on a besoin.

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