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Oléoducs et climat : un futur sacrifié au profit du pétrole

Le pétrole coule encore dans les rêves des puissants. Alors que la planète implose sous les vagues, les feux et les sécheresses, AtkinsRéalis — l’ex-SNC-Lavalin habillée d’un nouveau vernis — ose parier sur un avenir d’oléoducs. Dans quelle réalité alternative vivent ces élites? Certainement pas dans celle des jeunes qui manifestent chaque semaine pour leur droit à un futur respirable. Certainement pas dans celle des communautés autochtones dont les terres sont ravagées par les sillons toxiques de l’extraction. À croire que l’urgence climatique n’est qu’une noise dans la salle de marchés.

Ce projet ne tombe pas du ciel. Il est le fruit mûr — pourri jusqu’à la moelle — d’un système qui préfère enrichir les lobbys fossiles plutôt que d’investir dans la sobriété énergétique. On nous vend ces pipelines comme des créations d’avenir, alors qu’ils sont des autoroutes vers l’effondrement. Chaque mètre de tuyau, c’est une gifle lancée aux écosystèmes déjà sous perfusion. Et derrière la rhétorique de « sécurité énergétique » ou de « développement économique », il y a une vérité brute : les profits privés écrits avec du pétrole sur notre bien commun.

On nous bassine avec la « transition juste », comme si peindre une raffinerie en vert rendait le pétrole plus digeste. Mais ce mot est vidé de son sens quand les investisseurs cherchent à prolonger l’agonie du monde fossile. Est-ce cela, la transition? Une fuite en avant? On ne transforme pas une maison en flammes en la repeignant : on évacue, on reconstruit autrement. On ne transitionne pas vers l’avenir avec des tuyaux du passé.

C’est une jeunesse entière qu’on sacrifie sur l’autel des dividendes. Quand les balles de chaleur crèvent les vies, quand la biodiversité s’effondre comme une cathédrale sans piliers, c’est aussi notre démocratie qui vacille. Les mouvements de terrain — de GNL Québec à CGL — l’ont prouvé : personne ne nous sauvera si ce n’est nous-mêmes. Alors, saboter les récits toxiques, bloquer les chantiers, réimaginer nos rapports à l’énergie : voilà notre devoir de vivant·e·s.

Il est temps de couper à la racine. Pas simplement freiner la construction d’un oléoduc, mais inverser le courant. Transformer notre dépendance en résistance. Casser le cycle de production-destruction. Exiger non seulement un moratoire, mais une révolution énergétique fondée sur la justice, les territoires et l’humilité. La planète crie : que notre colère réponde plus fort que les pipelines.

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