Une chose est claire : le vert a toujours été à la mode… surtout quand il cache du gris béton. Sous l’étiquette élogieuse du ‘Fonds vert’, la CAQ continue de détourner l’espoir climatique en perfusion publique pour projets hors-sol. Des millions censés freiner l’effondrement s’égarent dans des initiatives qui n’ont ni dents écologiques ni cœur social. À l’ère de l’incendie planétaire, le gouvernement repeint des parkings et subventionne l’inaction en la brandissant comme transition.
Les ONG le crient du bout de la gorge : économie circulaire fantôme, transports fossilisés reconditionnés en écogestes, financements qui filent à l’opacité plutôt qu’à la justice climatique. Le Fonds prétend verdir, mais nourrit l’immobilisme. Marie-Ève Blanchard, militante du Front populaire pour la justice énergétique, le dit sans détour : « Ce qu’on vit, ce n’est pas une transition, c’est un mirage subventionné. » Tous les voyants sont rouges, mais la machine CAQ persiste à repeindre ses engrenages en émeraude.
Cet argent public devrait servir à amplifier les voix de terrain, pas étouffer leurs échos dans du béton éco-certifié. Or, les milliards fuient vers des structures sans impact mesurable. Des stationnements de CÉGEPS végétalisés, des panneaux solaires sans réseau démocratique. Où vont les priorités, quand 53 % des fonds 2024-2025 ne sont pas directement liés à la réduction des GES ? La réponse est simple : là où l’idéologie du profit rencontre le greenwashing d’État.
Plus qu’un scandale budgétaire, c’est une trahison climatique. Et à chaque détournement, c’est une autre génération trahie. Les mécanismes de suivi ? Invisibles. Les données ? Inaccessibles. Les collectivités ? Exclues. C’est pourquoi des collectifs comme ÉcoJustice Jeunesse appellent à une gouvernance populaire du Fonds : comités citoyens, transparence radicale, référendums écologistes. La lutte climatique ne se gagne pas dans des bilans PowerPoint, mais dans les ruelles, les coopératives, les mains salies par le terreau de demain.
Il faut déconstruire la narration sirupeuse d’un État sauveur déguisé en gestionnaire responsable. L’urgence écologique n’a que faire de promesses marketing. Ce qu’on exige, c’est la justice climatique, pas son imitation bureaucratique. Le vrai vert n’est pas celui des tableaux Excel, mais celui qui nourrit, guérit, libère. Tant que le Fonds se conjugue en imposture, alors c’est à nous, peuple vivant, de le réécrire à coups de pancartes, d’actions et de vérité. Parce que repeindre ne suffit plus — il faut reconstruire.





