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Déchets radioactifs enfouis : sacrifice des terres autochtones

À Chalk River, sur les terres non cédées des Algonquins, Ottawa trace en silence les chemins de la contamination. Des déchets radioactifs quittent discrètement leurs sites d’origine pour rejoindre un mégaprojet d’enfouissement au coût humain incalculable. Pas de vote populaire, pas de référendum. Juste une poignée de technocrates qui décident, pendant que les voix autochtones et écologistes crient dans le désert du colonialisme canadien toujours vivant.

Le Bloc québécois vient de raviver l’appel à un moratoire face à ces transferts toxiques. Derrière lui, une coalition inattendue : militants pour la justice climatique, défenseurs autochtones, habitants inquiets. « Nos rivières ne sont pas des poubelles, ce sont nos lignes de vie », proclame Elie Tenasco, militante Anishinaabe. Sur les berges de la rivière des Outaouais, des pancartes peintes à la main dressent ce refus. Des visages jeunes, des chants anciens, une colère qui embrase chaque reportage bâclé du gouvernement fédéral.

Ce n’est pas juste une erreur environnementale. C’est une guerre lente, radioactive, menée contre des peuples qui n’ont jamais eu leur mot à dire. Ce projet reflète la même logique extractiviste qui empoisonne depuis 150 ans : en haut, ils décident ; en bas, on crève. Et quand les élus parlent de « gestion sécuritaire des déchets », ils masquent ce qui est en jeu : un abandon politique, une dépossession maquillée en solution technique.

Les territoires visés, souvent invisibilisés, sont pourtant riches d’histoires, de rituels, de résistances. Cacher des fûts radioactifs dans le sol, c’est tenter de cacher sous terre l’héritage colonial qu’ils incarnent. C’est croire qu’en compactant le danger, on dissout la responsabilité politique. Faux. L’écologie sociale exige qu’on nomme les coupables : le gouvernement fédéral, Oui. Mais aussi tous ceux qui, au nom du « progrès », s’autorisent à empoisonner l’avenir.

Face à l’opacité, des alliances se lèvent. Puissantes, tissées de rage et de lucidité. Des jeunes du climat tressent leurs mots avec les chants de grand-mères autochtones. Des actions s’organisent, des campements surgissent. Le moratoire n’est qu’un début. Le vrai débat ? À qui appartient cette terre. Et surtout : qui la protège quand elle crie à l’aide. « Tant que l’eau coulera, nous serons là », lance une militante près du chantier. Alors soyons là, nous aussi.

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