Ce n’est pas seulement la terre qu’on assassine, c’est la vérité. La décision de l’administration Trump de fermer le National Center for Atmospheric Research (NCAR) de Boulder est une attaque frontale contre le savoir, l’indépendance scientifique, et tout ce qui résiste à l’industrie fossile. Ce n’est pas bureaucratique, c’est idéologique. Quand on bâillonne les climatologues, on n’entend plus les cris de la forêt qui brûle ni ceux des communautés qui suffoquent. Le crime est clair : détruire les traces pour nier l’incendie.
Cette fermeture n’est pas neutre. Elle frappe les plus vulnérables : les communautés autochtones, racisées, les pauvres — ceux qui n’ont que les bulletins météo pour se préparer aux catastrophes climatiques. Les jeunes militant·e·s écologistes qui s’appuyaient sur les données du NCAR pour contrer les pipelines et les pollutocrates perdent un outil vital. Là où la science tombait en pluie fine sur nos luttes, c’est désormais le désert. La désinformation devient arme, et l’ignorance, stratégie étatique.
Il faut nommer l’ennemi : capitalisme fossile. À la croisée des intérêts des magnats du pétrole, des lobbys industriels et des politiciens climatosceptiques se dessine une guerre silencieuse contre la science. Ce n’est pas par hasard que ce centre, public et réputé mondialement, est visé alors que les think tanks privés pullulent. Moins de transparence, plus de profits. Le mensonge déguisé en savoir, sponsorisé par Exxon ou Chevron. Et pendant qu’on coupe le robinet de la recherche indépendante, les actionnaires sabrent le champagne sur les ruines de l’humanité.
Mais partout, ça gronde. Les climatologues descendent dans la rue, les étudiant·e·s rédigent des manifestes, les militant·e·s sabotent les pipelines de l’ignorance. Défendre la science, c’est défendre le commun. Il nous faut des centres publics, libres d’influences, ancrés dans les besoins populaires. Il nous faut répéter, crier, graver dans l’asphalte : l’écologie sans justice sociale n’est que jardinage bourgeois. Et la connaissance sans accès pour tou·te·s est un luxe honteux. La privatisation du climat est un crime politique.
Ce qui se joue aux États-Unis résonne fort jusqu’ici. Rappelons-nous Harper, ses coupes dans la recherche climatique, ses musellements de scientifiques. Ce souvenir brûle encore au Canada. Aujourd’hui, plus que jamais, il nous faut exiger un financement public massif, indépendant et pérenne pour la recherche climatique. La seule vérité que le pouvoir veut enterrer est celle qui l’ébranle. À nous de l’exhumer, de la propager, de nous en faire les gardien·ne·s. Car tant qu’il y aura des voix pour hurler sous la tempête, l’espoir, lui, ne s’éteindra pas.





