Alors que les glaciers fondent et que les feux consument nos forêts, la Caisse de dépôt et placement du Québec alimente le brasier : via Champion Iron, elle injecte des milliards de nos retraites dans l’extraction massive de fer – et désormais en Norvège. Cette expansion minière, vernie d’un discours vert, est menée au nom de la « croissance responsable ». Mais qui croit encore à ce conte ? Derrière les bilans carbone maquillés se cache une vérité nue : nos économies financent la destruction du vivant.
Les mines de Champion Iron ne creusent pas que la terre : elles creusent un gouffre entre discours climatique et actions concrètes. En soutenant un modèle extractiviste qui ponctionne les ressources de territoires d’autrui, la Caisse s’inscrit dans une logique néocoloniale. Le Québec fait mine d’éthique en surface, tout en ravageant les sols d’ailleurs – hier en Australie, aujourd’hui en Scandinavie, demain en Amazonie ? L’internationalisation du pillage est une stratégie vieille comme l’Empire.
Taxer les individus pour leurs pailles en plastique tout en investissant collectivement dans des projets émetteurs est un non-sens politique. Le fer arraché au sol pour construire des infrastructures toujours plus massives est l’exact inverse d’une transition écologique. Une véritable reconversion exigerait que la Caisse quitte le giron pétro-minier pour financer des projets publics en énergies renouvelables, en transport collectif ou en logement vert. Des projets qui régénèrent plutôt que dépouillent.
Ces choix technocratiques, décidés dans des tours de verre loin des citoyens, sont tout sauf neutres. Ils enferment nos futurs dans une trajectoire de dépendance extractive, repoussent la soutenabilité à demain, externalisent les coûts sociaux et écologiques aux communautés vulnérables. À Sept-Îles comme dans les fjords, les peuples subissent. Et nous, que décidons-nous en tant que cotisants involontaires ?
Il est temps de rendre des comptes. La Caisse n’est pas un organisme abstrait : ce sont nos fonds, notre argent, notre responsabilité. Il faut exiger sa transparence, démocratiser ses décisions, interdire l’investissement dans les destructeurs du vivant. Car chaque dollar placé dans une mine est une promesse de désert. Et nous méritons mieux qu’une retraite sur planète morte.





