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Crise climatique en Californie : Noël sous les eaux du capitalisme

Alors que beaucoup déballaient leurs cadeaux au coin du feu, des familles entières pliaient leurs tentes détrempées en bordure de Los Angeles. En Californie, Noël ne scintillait pas sous les guirlandes, mais sous les éclairs. Les pluies torrentielles ont transformé des quartiers pauvres en lacs toxiques, avalant les trottoirs, les espoirs, parfois des vies. Et pendant que les hélicoptères survolent Bel-Air, des enfants dorment au sec dans des SUV noyés d’injustices. Ce n’est pas une catastrophe naturelle. C’est un crime climatique assisté par le capital.

Les plus touché·es ? Toujours les mêmes : travailleur·euses précarisé·es, personnes sans-abri, migrant·es bloqué·es dans des logements insalubres. Les tempêtes frappent une géographie sociale dessinée par des décennies de racisme urbain, de bétonisation sauvage et de profits érigés sur l’abandon. À South Central ou Fresno, les égouts débordent, les assurances font la sourde oreille, et les sirènes de secours peinent à couvrir le silence politique. Pendant ce temps, dans les collines, les villas résistent grâce à des digues privées et des générateurs à essence subventionnée.

Le lien est clair : plus le climat se dérègle, plus le capitalisme s’ancre. Ses barrages sont faits d’inégalités. Ses digues protègent la richesse, pas les vivants. Les infrastructures publiques, saccagées par des décennies d’austérité libérale, cèdent. Les routes s’effondrent, les abris sont saturés, et les mêmes politicien·nes qui pleurent devant les dégâts ont voté, quelques mois plus tôt, une rallonge de subventions aux compagnies pétrolières. Les tempêtes sont le fruit d’un système, pas d’un hasard météorologique.

Des voix s’élèvent. Dans les rues de San Francisco, une banderole flotte sous la pluie : « Nous ne voulons pas d’un avenir submersible. » Les jeunes s’organisent, les collectifs de quartier redistribuent de l’aide pendant que l’État compte les morts. Ce que nous vivons est un prélude global — du Brésil à la Corne de l’Afrique, les tempêtes s’intensifient, les sécheresses s’installent. Il ne faut pas juste réparer, il faut reconcevoir. Abattre ce système qui produit des catastrophes pour protéger l’accumulation d’une minorité en haut de la chaîne alimentaire carbonée.

Face à cette marée d’injustices, il faut un contre-courant radical : un New Deal vert, populaire, féministe, antiraciste. Un plan de survie collective qui arrache le pouvoir aux fossiles pour le redonner aux communautés. L’inaction tue. L’indifférence aussi. Si nous laissons l’avenir flotter entre les mains des investisseurs et des lobbyistes, chaque Noël sera une répétition de la noyade. À nous de choisir : perpétuer le naufrage ou bâtir l’arche d’un autre monde.

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