Un vélo rouge, une idée verte, un pavé lancé dans la routine grise des villes bétonnées : BIXI n’est pas qu’un service de vélos. C’est une gifle douce au visage de l’automobilisme roi, une brèche ouverte dans la logique capitaliste des transports privés polluants. Aujourd’hui, Time Magazine consacre BIXI parmi les 25 innovations marquantes de 2025. Mais ici, à Montréal, iels sont nombreu·x·ses à le savoir depuis longtemps : on peut inventer demain, en pédalant collectif.
On ne le dit pas assez, mais chaque borne BIXI est un acte politique. Pas une appli de start-up verte pour les riches urbains branchés, non : un modèle de bien commun, propriété publique, outil de réappropriation populaire de l’espace urbain. Là où les SUV hurlaient leur toute-puissance, les BIXI traçent des lignes douces pour une mobilité partagée. Là où le bitume servait la vitesse des uns contre la vie des autres, un réseau se tisse. Lentement. Solidement.
Ce n’est pas un miracle, c’est un choix. Politique. Des investissements publics qui misent sur l’accessibilité, sur l’écologie de tous les jours plutôt que sur le profit. Et ça, à l’ère des plateformes privatisées jusqu’à l’air qu’on respire, c’est un petit soulèvement. Preuve qu’une collectivité qui ose peut transformer sa ville en écosystème solidaire. BIXI, c’est plus que du transport : c’est un souffle de justice spatiale, une réponse aux crises croisées du climat, du logement, du territoire.
« Quand je monte sur un BIXI, c’est ma manière de dire non », confie Leïla, 22 ans, étudiante et organisatrice communautaire. « Non à la dépendance au pétrole, non à la ville faite pour les chars, non à l’isolement. » Et elle n’est pas seule. Le mouvement est joyeux, multicolore, résistant. Du Plateau au Sud-Ouest, des ados, des familles, des aîné·es montent à deux roues pour rêver plus grand. Car chaque coup de pédale est une déclaration d’autonomie, un refus de l’anxiété climatique paralysante, un amour furieux pour la ville qu’on peut encore sauver.
Le cas BIXI devrait faire école. Partout, dans chaque quartier, chaque ville, chaque zone oubliée du pouvoir central. Réimaginer la mobilité, c’est libérer les corps et les cœurs. C’est désobéir aux modèles imposés par les lobbies pétroliers et les empires du bitume. C’est affirmer que demain ne sera pas motorisé, mais mutualisé. BIXI n’est pas le futur. C’est un présent insurgé. Un appel au monde : et si on reprenait la rue ?





