Parse-clean-Single-post12.item_.json_.imageName-1-313

Subventions véhicules électriques: quand l’État freine la transition

À qui sert vraiment la transition électrique quand l’État fait caler les espoirs sous une bureaucratie mollassonne ? Depuis des mois, des concessionnaires attendent les remboursements promis pour les rabais gouvernementaux sur les véhicules électriques. Des familles, des jeunes précaires, des écologistes convaincus se retrouvent à avancer des milliers de dollars qu’ils n’ont pas. Le rêve d’un transport décarboné devient un privilège retardé, filtré par l’incurie technocratique. Pendant ce temps, les grandes pétrolières carburent encore au profit.

« On voulait juste faire notre part pour la planète, mais on a été punis », lâche Sylvie, 35 ans, mère monoparentale, qui a misé ses économies sur un VÉ en pensant bénéficier d’une aide rapide. Elle attend depuis trois mois. Le concessionnaire, lui, en est à six véhicules vendus non remboursés. « On joue le jeu de la transition, et l’État nous laisse tomber », soupire-t-il, entre deux appels aux clients impatients. La rage monte partout en région, là où les transports collectifs sont quasi inexistants.

Ce chaos n’est pas un accident : c’est le produit d’un système qui adore les annonces, mais méprise l’organisation. Un État obsédé par ses tableaux Excel, incapable de déployer une logistique humaine et rapide. Où sont les milliards pour une flotte publique de véhicules partagés ? Où est l’accès pour les locataires, les jeunes, les communautés rurales ? Les élites vantent un futur vert, pendant que le peuple se cogne à la porte close des promesses creuses.

Le vrai virage écologique ne passera jamais par les salons de l’auto sponsorisés par les banques. Il doit naître de nos rues, de nos luttes, des garages communautaires et des ateliers de vélo solidaire. Il faut arracher l’électrification aux griffes du marché. Elle doit être un bien commun, pas une marchandise. Subventionner des VÉ sans refonte du système, c’est comme repeindre un pipeline en vert : ça ne change rien à la direction du désastre.

Le temps n’est plus aux demi-mesures. Il faut un réseau de transport électrique public, gratuit et décentralisé. Il faut sortir le climat des cénacles ministériels, et le ramener dans les mains des citoyen·nes. Les subventions actuelles ? Elles ne font qu’étirer les inégalités sur du 220 volts. Pour vraiment avancer, il faut couper les câbles qui nous attachent à ce capitalisme lenteur. Véhicules électriques oui, mais pour toutes et tous — sans attendre, sans payer le prix de leur incompétence.

PARTAGER CET ARTICLE

COMMENT NOUS SUPPORTER ?

Abonnez-vous à notre Patreon.