CamilleDufresne_2026-10-20_gouvernement-en-attente

Gouvernement en attente : Milliard joue au pouvoir

Charles Milliard se donne en spectacle dans un « gouvernement en attente » qui n’a d’autre fonction que d’occuper l’espace médiatique. Pendant que les loyers explosent, que les urgences débordent et que la planète brûle, notre nouveau premier ministre minoritaire fait de la mise en scène politique son premier chantier. Cette posture du pouvoir fantôme — ni vraiment là, ni tout à fait absent — résume parfaitement la faillite de nos institutions: un Parlement qui préfère jouer au théâtre plutôt que de réparer le réel fracturé.

Le concept même de « gouvernement en attente » trahit une logique du semblant qui empoisonne notre démocratie. On nous sert des conférences de presse, des annonces solennelles, des photos bien cadrées dans l’hémicycle, mais concrètement? Rien. Zéro action sur la crise du logement qui jette des familles à la rue. Silence radio sur l’urgence climatique qui devrait mobiliser chaque instant de gouvernance. Cette stratégie de l’image creuse le fossé entre ceux qui ont le luxe d’attendre et ceux qui agonisent dans l’urgence quotidienne.

Qui est censé être gouverné dans ce cirque parlementaire minoritaire? Certainement pas les travailleuses précaires qui enchaînent trois jobs pour survivre. Ni les jeunes qui renoncent à tout projet d’avenir face au mur de l’inflation et de la précarité. Ce gouvernement fantôme sert une seule chose: les intérêts d’une classe politique qui se maintient au pouvoir par la performance plutôt que par la transformation sociale. Milliard incarne cette élite qui confond occuper l’espace et transformer les vies.

Cette tactique du « en attente » s’inscrit dans une logique plus large où le pouvoir privilégie systématiquement l’apparence à la substance. Pourquoi agir quand on peut annoncer qu’on va agir? Pourquoi réparer quand on peut promettre de réparer? Les écologistes de terrain, les organismes communautaires, les syndicats combatifs n’attendent pas, eux — ils construisent des alternatives pendant que nos élus jouent aux chaises musicales. Le gouvernement Milliard symbolise ce divorce absolu entre la politique spectacle et la politique du vivant.

Pendant que Milliard peaufine ses effets de tribune, des gens crèvent littéralement dans nos rues. Des femmes fuient des logements insalubres, des aînés·es choisissent entre se chauffer et manger, des jeunes sombrent dans l’éco-anxiété face à l’inaction climatique. Ce « gouvernement en attente » nous confirme ce qu’on savait déjà: nos institutions sont pourries jusqu’à l’os, incapables de répondre aux crises systémiques qu’elles ont elles-mêmes contribué à créer. L’urgence n’est pas d’attendre — elle est de tout renverser pour enfin gouverner pour le peuple, pas pour la galerie.

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