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Bitume roi à Outremont: la piste cyclable sacrifiée

Ils l’ont fait. En plein mois de novembre, pendant que la planète gémit sous les excès d’un capitalisme carboné, Outremont choisit de sabrer sa piste cyclable hivernale pour… plus de stationnement. Pas un trou dans l’asphalte, pas une pente infranchissable : juste l’envie d’apaiser les automobilistes, ces enfants gâtés du pétrole qui refusent de partager la ruelle. C’est une gifle glaciale envoyée au visage de tous ceux et celles qui pédalent pour le futur.

Les élu·es municipaux nous parlent de transition écologique du bout des lèvres, pendant qu’ils effacent des mètres de mobilité douce à coups de cônes orange. Ils plantent des arbres le jour et arrachent les alternatives la nuit. Comment croire encore à ces plans climat qui se décomposent dès que le thermomètre descend? La piste d’Outremont n’était pas qu’une bande verte — elle était un symbole fragile de volonté de rupture face à l’emprise des SUV sur nos trottoirs, nos vies.

Dans cette histoire, il y a des coups de pédale fantômes, des voix de citoyen·nes étouffées sous le klaxon. On parle de dizaines de lettres, de vidéos tournées à l’aube, de rassemblements pour défendre un maigre corridor de survie urbaine. Mais, comme souvent, la démocratie directe se fait broyer sous le poids du confort automobile. Quand un pare-choc vaut plus que la sécurité d’un·e cycliste, c’est tout le contrat social qui pourrit au ralenti.

Ce choix n’est pas isolé — il est systémique. Aujourd’hui, une piste disparaît. Demain, c’est le droit de se déplacer sans polluer qui se fait balayer. Construire des infrastructures durables, ce n’est pas une coquetterie municipale, c’est une nécessité sociale. Les pistes cyclables sont des veines vertes pour quartiers étouffés, des lieux de liberté pour les jeunes, les précaires, les familles sans voiture. Les couper, c’est trancher dans le muscle de la justice climatique.

Aux élu·es d’Outremont : vous avez sacrifié l’avenir sur l’autel du stationnement. Mais nous pédalerons quand même. Plus nombreux·ses, plus bruyant·es, plus en colère. Parce que chaque mètre repris à la voiture est une victoire contre l’apocalypse tranquille. Et parce que dans chaque pneu de vélo, il y a un battement de cœur qui refuse de crever au bord d’un trottoir.

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