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Coupes dans le transport collectif : un choix idéologique destructeur

Ils ont débranché les freins du train et appuient sur l’accélérateur de l’austérité. Exo vient de couper 600 millions dans ses projets de transport collectif, un chiffre froid balancé aux médias, mais qui claque comme une gifle en pleine face des usager·es déjà à bout. Ces coupes, c’est plus de temps perdu, plus de smog, plus de vies enclavées. Pendant que les voix en haut comptent les dollars, les corps d’en bas comptent les minutes de trajet entre deux jobs sous-payés, les heures de sommeil envolées, les opportunités ratées par faute d’autobus. Où sont donc les engagements de « transition juste » qu’on nous vendait comme des promesses d’avenir ?

Que vaut une société qui laisse ses jeunes marcher dans le noir pour rejoindre une gare disparue du budget ? Que disent nos choix collectifs à ces étudiant·es sans voitures, à ces familles qui vivent en banlieue non par luxe mais par nécessité ? Le transport collectif, ce n’est pas un service accessoire, c’est une colonne vertébrale. Lui couper les jambes, c’est paralyser les mouvements de celles et ceux qui n’ont pas l’espace pour posséder une auto. Chaque réduction de service, c’est un énième mur érigé entre la jeunesse et l’avenir qu’elle a encore le courage de réclamer dans les rues, pancartes levées et chants rugissants.

Le climat ? Enterré sous des tonnes de bitume. On nous répète que les temps sont durs, que l’État doit se serrer la ceinture, mais pendant ce temps, les investissements dans les énergies fossiles, eux, roulent à plein régime. Là où l’on coupe dans les autobus, on injecte dans les pipelines. Là où l’on ferme des lignes, on ouvre des puits. Ce n’est pas la fatalité, c’est un choix idéologique : sacrifier l’écologie sur l’autel du capital. Et il faudrait accepter ça, docilement, pendant qu’on nous dit qu’il n’y a pas d’alternative ? L’alternative existe. C’est la rébellion contre l’ordre établi.

À travers le Grand Montréal, les réactions fusent : collectifs de transport, écologistes, groupes communautaires… Toutes et tous lèvent la voix. La lutte pour le transport collectif, c’est celle pour une ville respirable, pour des vies moins épuisées, pour une planète vivable. On entend déjà les battements de tambours venir de la rue : des appels à des actions, à des mobilisations, à des blocages de stations. Ce gouvernement qui prétend défendre l’environnement est en train de le piétiner avec ses souliers de banquier. On n’obtiendra pas une justice climatique en silence, mais en occupant l’espace qu’on veut nous faire traverser à pied, seuls, dans le froid.

Refusons la logique qui oppose l’aide sociale à la survie écologique. Refusons ce monde où couper dans le transport collectif semble plus acceptable que de taxer les riches ou de cesser de subventionner les géants pétroliers. Ce budget, c’est un miroir des priorités d’un système qui préfère les profits aux personnes. Mais ce miroir, on peut le briser, et en ramasser les éclats pour en faire des armes. Alors on se relève, on s’organise, on monte à bord d’un autre futur : un où la mobilité ne dépend pas du porte-feuille, un où l’on marche ensemble vers une société juste, verte et solidaire. Ce futur, on ne le demande pas — on le bâtit.

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