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Crise climatique : la rue contre l’État en recul

Ils s’étaient engagés. À Glasgow, à Paris, à Montréal. Sur les scènes diplomatiques, les gouvernements brandissaient des promesses vertes comme des drapeaux de victoire. Mais sous la table, c’est le pétrole qui coule encore. Dernier aveu de faiblesse : l’État québécois, qui allège les exigences climatiques pour attirer les investissements privés. C’est la soumission tranquille au capitalisme fossile, un doux suicide collectif maquillé en raison d’État.

Dans ce désert politique, quelques entreprises tiennent bon. Des coopératives d’énergie renouvelable, des PME qui veganisent les circuits courts, des structures qui refusent le greenwashing. Mais peut-on vraiment laisser au bon vouloir du marché le soin d’éviter l’effondrement ? Ces initiatives, aussi inspirantes soient-elles, restent des îlots dans un océan de profits carbonés. L’écologie ne survivra pas dans un système qui la tue à petit feu.

« On n’a plus le temps de jouer à la start-up nation verte », martèle Mila, 19 ans, militante chez Youth for Climate MTL. « Ce qu’il nous faut, c’est un État qui ose affronter les lobbys, bloquer les pipelines, financer massivement les transports publics et les rénovations écologiques. » L’urgence se lit dans les yeux et les banderoles. Dans les facs occupées, les ZAD en éveil, les rues éclatées de slogans, on réclame une révolution institutionnelle à la hauteur de l’incendie planétaire.

Car c’est toujours les mêmes qu’on sacrifie. Les Autochtones, premières cibles de l’extractivisme. Les banlieues pauvres, dernières à être climatisées. Les personnes migrantes, chassées par les sécheresses et enfermées par les frontières. Cette crise n’est pas que climatique : elle est coloniale, raciste, classiste. Face à cette violence systémique, « la résilience » n’est plus une option — c’est une injonction à survivre sans justice.

Rappeler que des choix politiques nous ont mené ici, que d’autres choix peuvent nous en sortir. C’est ça, l’urgence. Refuser de déléguer l’avenir à des actionnaires ou des applications. Exiger un État révolutionné, redistributif, courageux. Un État qui plante des arbres, pas des mines; qui embauche des écologues, pas des économistes. Tant qu’il désertera les lignes de front, la résistance continuera d’occuper le terrain. Organisée. Déterminée. Incandescente.

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