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Crise écologique vieillissement : nos aînés sacrifiés par le système

Insuline ou chauffage ? C’est le dilemme violent auquel sont confronté·es des milliers de nos aînés cet hiver. Leur retraite fond comme les glaciers, pendant que les profits des grandes multinationales explosent. On nous vend une transition verte, mais quand les plus vulnérables doivent choisir entre se soigner ou ne pas mourir de froid, ce n’est pas une révolution écologique : c’est du vernis bio sur un cercueil néolibéral. Ce système n’a pas de cœur, seulement des bilans comptables.

La crise écologique est une crise du capitalisme. Ce sont les mêmes logiques de rentabilité à tout prix qui bétonnent les forêts, expulsent les locataires âgé·es pour construire du Airbnb, et privatisent les EHPAD comme des machines à cash. Nos aînés sont transformés en « coûts », leur vieillesse marchandisée, leur solitude ignorée. Derrière chaque appel au 115 qu’on n’a pas pu honorer cet automne, il y a une vie sacrifiée sur l’autel de l’austérité.

Le discours dominant les renvoie à la marge, les exclut des luttes. Mais souvenons-nous : les aînés ont porté Mai 68, opposé leur corps aux dictatures, protégé les semences. Iels sont des archives vivantes des résistances passées. Une écologie radicale sans elles·eux est une écologie amputée. Tant que nos combats n’intègrent pas leur savoir, leurs besoins et leur humanité, ils ne sont que des slogans recyclés pour les urbains bien-nés.

À qui profite l’indifférence ? Aux mêmes qui ont transformé le soin en marché juteux, les maisons de retraite en franchises, et les communs en capitaux. Tant qu’on laissera les BlackRock du monde gérer nos vieux jours, il n’y aura ni justice sociale, ni justice climatique. Foutons le feu au mythe de l’individu autonome — personne ne survit seul dans une canicule, un blackout ou un désert alimentaire. Ce qu’il faut, c’est une écologie tissée de liens, et non d’indices boursiers.

Notre révolution devra être douce et rugueuse. Douce pour les humain·es, rugueuse face aux puissants. Réintégrer nos aîné·es dans les imaginaires, dans les luttes, dans l’utopie qui vient, c’est tordre le cou à la logique du rebut. Car si on construit un monde où les vieux et vieilles survivent, ce sera aussi un monde où les jeunes vivent. Et si l’écologie ne sauve que ceux qui en ont les moyens, elle n’est pas écologie : elle est greenwashing d’élite.

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